N° 286 mardi 13 octobre 2026

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Culture

À Pigalle, l'Hôtel Massé s'impose comme un lieu de création

Un an après son ouverture, l'Hôtel Massé, établissement familial du 9e arrondissement de Paris, est devenu un point de rencontre pour la communauté créative. Ses intérieurs signés Gasparetto Parenti et sa rénovation par Studio Olivier Guyot prolongent l'esprit du lieu jusqu'au bar-restaurant voisin, Le Trente.

À Pigalle, l'Hôtel Massé s'impose comme un lieu de création
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Un an après son ouverture rue Victor-Massé, dans le 9e arrondissement de Paris, l'Hôtel Massé s'est peu à peu imposé comme un point de rencontre pour la communauté créative de la capitale. Cet établissement indépendant et familial, situé en plein quartier Pigalle, réunit désormais designers, artistes, photographes et stylistes de passage. Ce qui avait débuté comme un projet hôtelier a pris une dimension plus sociale, portée par l'ouverture récente du Trente, un bar-restaurant voisin qui prolonge l'esprit du lieu jusqu'au soir.

Derrière cette initiative, on trouve les frères et sœurs Corto et Eole Peyron, qui se sont appuyés sur leur histoire familiale et leurs relations personnelles pour façonner un lieu ancré dans son environnement. Corto, à l'origine du concept hôtelier, a invité sa sœur Eole à en assurer la direction artistique, fédérant un réseau d'artistes, d'artisans et de designers indépendants. Leur approche traduit une philosophie familiale centrée sur les rencontres et les expériences partagées, avec l'ambition de créer un hôtel aussi connecté à ses hôtes qu'à son quartier.

Installé dans un immeuble haussmannien rénové par le Studio Olivier Guyot, l'Hôtel Massé abrite des intérieurs conçus par l'agence parisienne Gasparetto Parenti, fondée par Juliette Gasparetto et Julie Parenti. À travers ses 40 chambres, le studio a développé une palette de matériaux sobres : bois d'okoumé, pin maritime, moquette beige et surfaces aux tons neutres et chaleureux. Des meubles vintage, dont des luminaires des années 1970 signés Ingo Maurer, apportent une touche singulière, tandis que les couloirs laqués bordeaux contrastent avec les chambres plus claires, dont certaines donnent sur les toits de Paris.

Les espaces communs suivent la même retenue. Plutôt qu'un comptoir d'accueil classique, les visiteurs sont reçus autour d'une table en bois sur mesure, accompagnée de tabourets recyclés du duo de designers Clueless. Ailleurs, des assises le long des fenêtres donnant sur la rue invitent à s'attarder, à travailler ou à observer le rythme du quartier. Les intérieurs intègrent également des pièces de l'ébéniste Alexis Mazin, des textiles de Thomas Coccimiglio et des céramiques d'Héloïse Rival, dont les carreaux illustrés ornent les salles de bains.

L'art occupe une place centrale depuis les débuts du projet. Le peintre Christian Rosa a réalisé plusieurs œuvres directement dans l'hôtel lors d'une résidence avant l'ouverture, tandis que des pièces de Sophie d'Esteve et Eduardo Lalanne sont intégrées aux intérieurs. Les uniformes, dessinés par le Studio de Lostange, et d'autres objets sur mesure prolongent cette démarche collaborative au quotidien. L'ensemble crée un environnement où architecture, mobilier et art contemporain coexistent sans la formalité d'un espace d'exposition classique.

Juste à côté, au numéro 30 de la rue Victor-Massé, Le Trente apporte un pendant plus nocturne à l'hôtel. Également imaginé par les Peyron, le bar-restaurant occupe un ancien loft réaménagé par Olivier Guyot et Gasparetto Parenti. Sa façade en marbre vert, marquée d'un lettrage de l'artiste contemporain Konstantinos Kyriakopoulos, ouvre sur un intérieur meublé d'un bar en bois vintage, de sols peints en rouge, d'objets de seconde main et de coins salon intimes. Des photographies de famille habillent les murs, tandis que 1 500 miniatures de bouteilles de Ricard décorent les toilettes, en référence aux racines méditerranéennes de la famille.

À l'étage, un espace sous une grande verrière continue d'accueillir des activités créatives, après avoir servi de studio à des artistes en résidence pendant la rénovation de l'hôtel. En bas, le restaurant propose des plats de saison pensés pour le partage, accompagnés de vins nature et de cocktails. La musique constitue un autre élément identitaire : une programmation autour du vinyle réunit des DJ jouant jazz, ambient, house et électronique, soutenue par des enceintes sur mesure habillées par l'ébéniste JJ Booth.

Ensemble, l'Hôtel Massé et Le Trente occupent deux adresses voisines aux identités complémentaires : l'une offre un refuge plus calme, l'autre invite à veiller tard. Un an après l'ouverture de l'hôtel, le projet illustre comment un petit établissement indépendant peut se développer grâce aux relations nouées avec la communauté créative qui l'entoure, au-delà des frontières traditionnelles de l'hôtellerie.

3Vues

Élodie Rivière

Auteur

Journaliste société

Élodie Rivière couvre pour Nacrée l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.