L’écrivain et scénariste Didier Decoin est mort mercredi 5 août 2026 à l’hôpital de Villejuif, dans le Val-de-Marne, à l’âge de 81 ans. Lauréat du prix Goncourt en 1977 pour « John l’Enfer », il avait présidé l’Académie Goncourt de 2020 à 2024. L’institution a annoncé son décès dans un communiqué, saluant « un romancier qui avait une haute idée de la langue et de la littérature ».
Son fils, Julien Decoin, a indiqué à l’AFP que l’écrivain s’est éteint au matin du mercredi 5 août, « après s’être battu avec force et courage contre le cancer depuis plusieurs années ». Il sera enterré « face à la mer, qu’il aimait tant », à Auderville, dans le cap de la Hague, dans le Cotentin, où il possédait une maison et à laquelle il était très attaché.
Dans son témoignage, Julien Decoin a décrit un homme entièrement dévoué à la lecture et à l’écriture. « Il aimait tellement lire. Soit il lisait, soit il écrivait », a-t-il résumé. Il a également raconté que son père, quelques jours avant sa mort, lisait encore les livres de la rentrée littéraire en prévision de la remise du prix Goncourt, prévue début novembre, preuve de son investissement constant au sein de l’Académie.
Né le 13 mars 1945, Didier Decoin était le fils du cinéaste Henri Decoin. Il avait débuté comme journaliste au quotidien France-Soir, avant de collaborer aux Nouvelles littéraires, à Europe 1 et à VSD. Très jeune, il s’était tourné vers le roman, publiant son premier livre, « Le Procès de l’amour », à l’âge de 20 ans.
La consécration était venue en 1977 avec « John l’Enfer », roman couronné par le prix Goncourt. L’ouvrage avait installé durablement son nom dans le paysage littéraire français et l’avait conduit, des décennies plus tard, à la présidence du jury qui l’avait récompensé. Son œuvre compte une trentaine de romans, parmi lesquels « L’Enfant de la mer de Chine », « Meurtre à l’anglaise » ou « Madame Seyerling ».
Passionné de faits divers, Didier Decoin avait publié en avril 2026 son dernier roman, « Maypops », inspiré d’une histoire vraie survenue dans le sud des États-Unis. Cette parution prolongeait une carrière marquée par le goût des récits forts et des destins hors du commun.
Au-delà de la littérature, Didier Decoin était un scénariste prolifique pour le cinéma et la télévision. Il avait travaillé avec des réalisateurs comme Marcel Carné, Robert Enrico et Henri Verneuil, et avait beaucoup écrit pour le petit écran. Il avait dirigé la fiction de France 2 et reçu, en 1999, le Sept d’Or du meilleur scénario pour la mini-série « Le Comte de Monte-Cristo ».
La disparition de Didier Decoin suscite une vive émotion dans le milieu littéraire. L’Académie Goncourt a rendu hommage à celui qui « n’a jamais cessé de s’investir » dans l’institution, et dont l’exigence envers la langue française restera comme une marque de son engagement. Avec lui disparaît l’un des derniers grands témoins d’une génération de romanciers populaires et exigeants.



