N° 277 dimanche 4 octobre 2026

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Culture

En Corée du Sud, le plus grand jardin suspendu du monde s'étend sur 3,6 km au-dessus de quinze bâtiments gouvernementaux

À Sejong, en Corée du Sud, plus de 79 000 mètres carrés de verdure transforment les toits d'un vaste complexe gouvernemental en un parc surélevé planté de plus d'un million de végétaux.

En Corée du Sud, le plus grand jardin suspendu du monde s'étend sur 3,6 km au-dessus de quinze bâtiments gouvernementaux
Il giardino pensile più grande del mondo corre per 3,6 km sopra 15 palazzi istituzionali

Un jardin suspendu de 3,6 kilomètres de long serpente désormais au-dessus de quinze bâtiments institutionnels à Sejong, en Corée du Sud. Avec plus de 79 000 mètres carrés de surfaces végétalisées et plus d'un million de plantes, l'aménagement revendique le titre de plus grand jardin sur toiture au monde, selon les informations relayées par la presse spécialisée en architecture et décoration.

Le projet prend place dans la ville nouvelle de Sejong, conçue pour accueillir une partie des ministères et des administrations centrales du pays. Les toits du grand complexe gouvernemental ont été reliés entre eux par une promenade plantée continue, formant un parc surélevé qui relie physiquement des bâtiments jusque-là séparés. Cette continuité paysagère transforme un ensemble institutionnel en un vaste espace vert accessible, où la végétation recouvre les toitures sur plusieurs kilomètres.

Les chiffres avancés donnent la mesure de l'opération : 3,6 kilomètres de linéaire, plus de 79 000 mètres carrés de verdure et plus d'un million de plants. Il ne s'agit donc pas d'un simple habillage végétal de toitures, mais d'un véritable parc perché, conçu comme un élément structurant du complexe administratif. La diversité des essences plantées et la densité de la végétation visent à créer un paysage vivant à l'échelle de plusieurs quartiers institutionnels.

Ce type d'aménagement s'inscrit dans une tendance de fond de l'architecture contemporaine, qui cherche à réintroduire la nature dans les environnements urbains denses et à améliorer le cadre de vie des usagers. Les toitures végétalisées sont notamment étudiées pour leur capacité à limiter les îlots de chaleur, à favoriser la biodiversité en ville et à offrir des espaces de respiration aux personnes qui travaillent dans ces bâtiments. À Sejong, la dimension du projet lui confère une portée symbolique : le siège du pouvoir administratif devient lui-même un support de nature.

La localisation n'est pas anodine. Sejong a été créée pour désengorger Séoul et rapprocher l'administration centrale de nouvelles zones urbaines. En installant un parc de cette envergure sur les toits de ses bâtiments publics, la ville affiche une ambition en matière d'urbanisme et d'environnement. Le jardin suspendu devient ainsi une vitrine architecturale, susceptible d'attirer l'attention des professionnels comme du grand public.

Reste que la réalisation de plus de 79 000 mètres carrés de verdure en hauteur suppose des contraintes techniques importantes : étanchéité, portance des structures, système d'irrigation et entretien régulier. Ces exigences expliquent que de tels projets demeurent rares à cette échelle. Le cas de Sejong pourrait servir de référence pour d'autres complexes institutionnels ou tertiaires confrontés à la même question : comment concilier densité bâtie et présence de la nature.

Pour les visiteurs et les employés, l'expérience change de nature : au lieu de circuler entre des blocs administratifs minéraux, ils évoluent le long d'un parcours végétalisé dominant la ville. Le jardin suspendu ne se contente pas de verdir des toits ; il crée un nouveau niveau urbain, à la fois fonctionnel et paysager. À l'heure où les villes cherchent des solutions pour adapter leurs espaces aux enjeux climatiques, cette réalisation sud-coréenne illustre une voie possible, spectaculaire par ses dimensions et concrète par son usage.

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Cédric Vidal

Auteur

Correspondant international

Cédric Vidal couvre pour Nacrée l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.