N° 291 dimanche 18 octobre 2026

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Culture

En Italie, un escalier de plus de 650 marches plonge dans la mer

Un escalier taillé dans la roche, composé de plus de 650 marches, descend à pic vers la mer sur la côte italienne. Un site spectaculaire qui mêle patrimoine et paysage.

En Italie, un escalier de plus de 650 marches plonge dans la mer
In Italia c'è una scalinata unica che si tuffa a picco sul mare

Un escalier de plus de 650 marches, creusé à même la roche, descend à pic vers la mer sur la côte italienne. L'ouvrage, dont l'existence est mise en lumière par le magazine Esquire, constitue l'un de ces lieux spectaculaires où le patrimoine bâti épouse le relief naturel au point de sembler en faire partie.

La singularité du site tient d'abord à sa conception : les marches ne sont pas rapportées sur un soubassement, mais taillées directement dans la pierre. Cette technique, héritée de savoir-faire anciens, confère à l'escalier une continuité visuelle avec la falaise. Le nombre de degrés — plus de 650 — donne la mesure de l'ouvrage, dont la descente s'effectue en pente raide jusqu'au rivage.

Ce type d'aménagement se rencontre dans plusieurs régions d'Italie où le relief escarpé a contraint les habitants à imaginer des circulations verticales. Les escaliers rocheux y servaient historiquement à relier les villages perchés aux criques, aux ports ou aux cultures en terrasses. Ils témoignent d'une adaptation au terrain qui précède largement l'ère du tourisme de masse.

Aujourd'hui, ces parcours attirent les visiteurs en quête de paysages préservés et de sensations fortes. La descente vers la mer, avec la perspective du large qui s'ouvre à chaque marche, transforme la simple randonnée en expérience physique et visuelle. Le site s'inscrit dans une tendance de fond : la redécouverte des sentiers littoraux et des itinéraires patrimoniaux, à l'écart des circuits balisés.

Pour les communes concernées, l'enjeu est double. Il s'agit de préserver un ouvrage fragile, exposé à l'érosion et au piétinement, tout en permettant au public d'y accéder. Les escaliers taillés dans la roche demandent un entretien constant : stabilisation des marches, sécurisation des mains courantes, signalisation des zones glissantes. Leur fréquentation croissante pose la question de la gestion des flux sur des passages étroits, où la descente et la montée se croisent difficilement.

Le lieu rappelle aussi que le patrimoine italien ne se limite pas aux musées et aux monuments classés. Il inclut des infrastructures modestes, souvent anonymes, qui structurent les paysages et racontent l'histoire des communautés littorales. Ces escaliers sont à la fois des œuvres d'ingénierie vernaculaire et des belvédères naturels sur la Méditerranée.

Pour les amateurs de randonnée, la prudence reste de mise. La raideur de la pente et la nature du revêtement imposent des chaussures adaptées et une condition physique suffisante. La descente, plus éprouvante qu'il n'y paraît pour les jambes, doit être anticipée, tout comme le retour, qui s'effectue par le même chemin.

Au-delà de l'exploit sportif, l'escalier incarne une certaine idée du voyage : prendre le temps de descendre, marche après marche, pour atteindre un rivage que l'on devine à peine depuis le sommet. Une expérience simple, presque élémentaire, qui rappelle que les plus beaux points de vue se méritent souvent à pied.

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Cédric Vidal

Auteur

Correspondant international

Cédric Vidal couvre pour Nacrée l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.