Huit millions de livres, dont des manuels scolaires, sont partis en fumée dans une attaque de drones russes contre la maison d’édition Ranok, à Kharkiv. Le 1er août, des drones russes ont frappé le centre logistique et le centre de distribution de l’entreprise, installée dans la deuxième ville d’Ukraine, à une quarantaine de kilomètres de la frontière russe. Le directeur de la maison d’édition a dénoncé « une attaque contre l’éducation et la culture ukrainienne », ajoutant: « Hitler en serait jaloux. » Il a décrit cette destruction comme « la plus grande perte pour l’infrastructure du livre en Ukraine depuis le début de la guerre à grande échelle ».
La perte est d’autant plus lourde que la rentrée scolaire doit avoir lieu dans un mois. Des millions de manuels destinés aux élèves ukrainiens ont été réduits en cendres à quelques semaines de la reprise des cours. Kharkiv avait déjà été touchée la veille par une frappe de drone russe. Cette attaque illustre les dommages infligés au secteur culturel et éducatif du pays, mis à rude épreuve depuis le début de la guerre à grande échelle.
Cette destruction survient alors que les frappes croisées entre les deux camps ont fait au moins quatorze morts civils lundi 3 août, 1 621e jour de la guerre. Côté russe, onze personnes ont été tuées par des frappes ukrainiennes en Crimée annexée et dans la région méridionale de Krasnodar, deux zones touristiques du littoral de la mer Noire. Sept d’entre elles — dont trois enfants — ont perdu la vie à Arkhipo-Ossipovka, sur la côte de la mer Noire, après la chute d’un drone ukrainien, selon les autorités locales. Une quarantaine de personnes ont également été blessées.
Le gouverneur de la région de Krasnodar a qualifié sur Telegram cette attaque de « frappe délibérée du régime de Kiev contre la population civile, qui n’a aucun lien avec l’infrastructure militaire ». De son côté, Kiev a fait état de trois morts dans une frappe russe menée dans le centre de l’Ukraine. Moscou a annoncé avoir détruit 635 drones ukrainiens.
Sur le plan militaire, la ligne de front est restée presque immobile en juillet. Selon l’Institut pour l’étude de la guerre (ISW), l’armée russe a gagné moins de 40 km² au total en juillet, après 30 km² le mois précédent. C’est douze fois moins qu’en juillet 2025, où les troupes russes gagnaient en moyenne 405 km² par mois. Ces chiffres confirment la perte d’élan des troupes de Moscou observée ces derniers mois. Les gains enregistrés en juillet se concentrent dans les régions de Donetsk, de Zaporijjia et de Soumy, tandis que le front n’a pas bougé dans la région de Kharkiv. L’armée ukrainienne a, pour sa part, continué de gagner du terrain dans la région de Dnipropetrovsk, où elle a repris 28,5 km², prolongeant une tendance observée depuis décembre 2025.
Pour la culture ukrainienne, la perte est considérable. Huit millions de livres, dont une grande partie de manuels scolaires, ont été détruits à quelques semaines de la rentrée. Le directeur de Ranok a dénoncé une attaque délibérée contre l’éducation et la culture ukrainiennes. Ces destructions surviennent alors que la Russie n’a presque pas progressé sur le front en juillet, signe que le conflit s’enlise tout en continuant de faire des victimes parmi les civils.



