Meryll Rogge réinvente Marni avec une féminité plurielle
La créatrice belge Meryll Rogge, à la tête de Marni depuis 2025, dévoile sa vision d'une mode ancrée dans le réel, où la féminité se conjugue au pluriel. Rencontre avec une designer qui bouscule les codes de la maison italienne.
Depuis sa nomination à la direction créative de Marni, la designer belge Meryll Rogge impose une vision singulière au sein de la maison italienne du groupe OTB. Dans un entretien accordé à la presse, elle revendique une approche concrète et sensible de la mode, loin des diktats d'une féminité unique. « Il n'existe pas un seul type de féminité », affirme-t-elle, résumant une philosophie qui traverse ses collections.
Brillante, acérée et attentive aux détails qui permettent à une époque de changer de rythme, Meryll Rogge s'inscrit dans une démarche où le vêtement accompagne le quotidien plutôt qu'il ne le théâtralise. Sa lecture du présent se nourrit d'une immersion dans le concret, une méthode qui tranche avec les effets de manche de certains défilés. Pour la créatrice, la mode doit rester en prise avec la réalité des femmes qui la portent, dans toute leur diversité.
Cette vision s'est incarnée lors de son deuxième défilé pour Marni, présenté à l'occasion de la Fashion Week de Milan. La collection printemps 2027 a dévoilé des robes shifts colorées, des silhouettes ceinturées et des jupes à sequins fantaisistes, selon les observateurs présents. Un vestiaire qui assume la couleur et l'irrégularité, sans jamais sacrifier la rigueur de la coupe. La presse spécialisée a salué cette proposition, la classant parmi les collections favorites de la saison milanaise.
Le contexte de cette Fashion Week milanaise était particulièrement dense. Vogue World a ouvert les festivités avec un spectacle mêlant stars et robots, tandis que Glenn Martens signait son dernier défilé chez Diesel et que Kendall Jenner clôturait le podium de Bottega Veneta. Dans ce paysage saturé d'événements, la collection de Meryll Rogge pour Marni a su se distinguer par sa cohérence et son ancrage dans le réel, loin des effets de mise en scène.
La nomination de Meryll Rogge à la tête de Marni marque une étape importante pour la maison fondée par Consuelo Castiglioni. En confiant les rênes à une créatrice belge issue de la scène indépendante, le groupe OTB mise sur une vision contemporaine et exigeante, capable de dialoguer avec l'héritage de la marque tout en l'ouvrant à de nouveaux territoires. La créatrice belge succède ainsi à une lignée de directeurs artistiques qui ont chacun imprimé leur marque sur l'identité de Marni.
Pour Meryll Rogge, la féminité n'est pas un concept uniforme à décliner saison après saison, mais une réalité multiple qui exige une écoute constante. Cette posture résonne avec les attentes d'un public qui refuse les cases et revendique une mode plus inclusive, plus proche de ses vies. La designer belge inscrit ainsi son travail dans une réflexion plus large sur le rôle du vêtement dans la construction de soi.
Alors que la Fashion Week de Milan s'achève et que l'attention du secteur se tourne vers Paris, la proposition de Meryll Rogge pour Marni laisse une empreinte durable. En misant sur la couleur, la simplicité apparente et une forme de joie vestimentaire, elle trace une voie qui pourrait bien influencer les prochaines saisons. Une chose est sûre : pour la créatrice, la mode n'a de sens que si elle épouse la complexité du monde.
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