N° 282 vendredi 9 octobre 2026

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Culture

Un tabouret en plastique transformé en touche Échap géante

Le studio chinois Dream Research Society détourne le tabouret monobloc en réplique de touche Échap, avec un couvercle qui cache les objets du quotidien. Un clin d'œil au design industriel et à l'histoire de l'informatique.

Un tabouret en plastique transformé en touche Échap géante
This plastic stool is a giant Esc key, and it hides your clutter

Le tabouret en plastique, cet objet anonyme que l'on croise dans les marchés nocturnes, sous les éviers ou calé contre une porte, vient de trouver une seconde vie inattendue. Le studio de design chinois Dream Research Society l'a transformé en une réplique géante de la touche Échap d'un clavier d'ordinateur. Le résultat, visible dans des rendus promotionnels, reprend les codes visuels de la touche : flancs évasés, angles arrondis, capuchon légèrement plus clair et inscription blanche « ESC » sur le dessus.

L'objet ne se contente pas d'être une curiosité formelle. Son capuchon se soulève comme un couvercle, révélant un corps creux destiné à dissimuler des chaussures, des briques de construction, des livres d'images ou des peluches. Dans la version transparente, le contenu devient partie intégrante de l'esthétique du meuble. Le compromis est évident : l'assise et le couvercle ne font qu'un, ce qui oblige à se lever pour attraper ce qui se trouve à l'intérieur. Un détail pratique qui transforme chaque rangement en petit exercice de gymnastique.

Le studio propose le tabouret en trois coloris — transparent, noir et blanc —, chacun surmonté d'un couvercle gris. L'association gris sur blanc évoque immédiatement les claviers d'ordinateurs de bureau des années beige. Des rendus séparés montrent également des corps givrés avec des couvercles rose, vert et crème, sans qu'il soit possible de confirmer s'il s'agit de variantes commercialisées ou de simples images d'ambiance. Aucune dimension, aucun prix, aucun matériau précis ni aucune limite de poids ne sont indiqués sur les plateformes de vente. Le produit est annoncé comme disponible sur les principales plateformes chinoises de commerce en ligne, sans indication d'une distribution en dehors de la Chine.

Derrière l'anecdote se cache une histoire plus ancienne. La touche Échap puise ses origines dans le caractère d'échappement introduit dans la norme ASCII par Bob Bemer vers 1960. Depuis, elle incarne la sortie de secours du monde informatique, le geste réflexe pour interrompre une action ou fermer une fenêtre. Installer cette touche symbolique dans une entrée, à l'endroit précis où l'on quitte son domicile, relève d'un clin d'œil que soixante ans de culture informatique ont rendu possible. Le tabouret, lui, appartient à cette famille d'objets sans créateur identifié, souvent copiés, rarement célébrés, que des générations d'étudiants en design réinterprètent avant qu'ils ne retombent dans l'oubli.

Les images promotionnelles montrent aussi des versions inspirées des touches directionnelles, en bleu transparent. Leur existence réelle reste à confirmer, mais l'idée d'un quatuor de tabourets formant un pavé directionnel dans un salon a de quoi séduire les amateurs de design ludique. En attendant, le modeste tabouret en plastique tient enfin sa private joke, et il aura suffi d'un clavier pour cela.

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Florence Barbier

Auteur

Rédactrice culture

Florence Barbier couvre pour Nacrée l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.