Le président américain Donald Trump a intensifié ses efforts pour réformer le système électoral des États-Unis, en appelant jeudi 16 juillet le Congrès à adopter le « Save America Act ». À moins de quatre mois des élections de mi-mandat, cruciales pour l'équilibre des pouvoirs à Washington, le locataire de la Maison-Blanche a prononcé un discours offensif de 25 minutes, dénonçant ce qu'il a qualifié de « vulnérabilités choquantes » dans le processus électoral. Cette initiative s'inscrit dans une stratégie plus large visant à remettre en cause la fiabilité des scrutins, une thématique récurrente depuis sa défaite en 2020.

Lors de cette allocution, Donald Trump a réitéré ses accusations – jamais étayées par des preuves – selon lesquelles l'élection présidentielle de 2020 aurait été entachée par une fraude massive au profit de Joe Biden. « Nous ne pouvons plus jamais assister à une nouvelle élection volée », a-t-il déclaré, sans fournir d'éléments concrets. Pourtant, d'innombrables experts, instituts indépendants et décisions de justice ont conclu à l'absence d'irrégularités à grande échelle ayant pu influencer le résultat. Rick Hasen, expert en droit électoral à l'université de Californie à Los Angeles, a souligné que le président « n'a même pas tenté de démontrer qu'un seul faux électeur a voté lors de l'élection de 2020, ou qu'une seule machine électorale ait été truquée ».

Le président républicain a également accusé la Chine d'avoir mené « la plus grosse opération de piratage de données électorales de l'Histoire », affirmant que Pékin aurait obtenu illicitement 220 millions de fichiers d'électeurs américains. Ces allégations ont été catégoriquement rejetées par le ministère chinois des Affaires étrangères. « Les allégations formulées par la partie américaine ne sont que de pures inventions et des calomnies malveillantes », a réagi le porte-parole Lin Jian, ajoutant que « la Chine n'a aucun intérêt pour les élections américaines ». Des experts, comme Stephen Richer du cercle de réflexion conservateur Cato Institute, ont noté que ces fichiers sont largement accessibles publiquement et que leur téléchargement, même illégal, « n'aurait en aucune manière compromis » les résultats électoraux.

Le « Save America Act », promu par Donald Trump, vise officiellement à renforcer la sécurité du système électoral, mais ses détracteurs y voient une manœuvre politique. Les opposants du président redoutent que ce discours ne serve à jeter le discrédit général sur le processus électoral, afin de pouvoir contester, en novembre, les résultats des élections de mi-mandat. Ces scrutins s'annoncent difficiles pour le camp républicain, qui pourrait perdre sa mince majorité au Congrès. Une telle défaite exposerait Donald Trump à un risque accru de procédure de destitution de la part des démocrates, après avoir survécu à deux tentatives lors de son premier mandat, dont une pour « incitation à l'insurrection » après l'assaut du Capitole le 6 janvier 2021.

Le chef de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, a vivement réagi en accusant le président de « semer le chaos et de subvertir les élections ». Cette escalade rhétorique intervient dans un climat politique déjà tendu, où les accusations de fraude électorale, bien que non prouvées, continuent de polariser l'opinion publique américaine. Les experts en droit électoral et les observateurs internationaux suivent de près l'évolution de cette situation, qui pourrait avoir des répercussions sur la confiance dans les institutions démocratiques du pays.

En parallèle, le gouvernement américain a annoncé jeudi de nouvelles restrictions sur la durée de séjour des étudiants et journalistes étrangers, une mesure qui s'ajoute à la controverse entourant les réformes électorales. Bien que distincte du « Save America Act », cette décision renforce l'image d'une administration déterminée à durcir les règles migratoires et à contrôler davantage les flux d'entrée sur le territoire. Pour l'heure, le sort de la réforme électorale reste incertain, le Congrès étant divisé sur la question, et les prochaines semaines seront décisives pour déterminer si Donald Trump parviendra à faire adopter son texte avant les élections de novembre.