L'auteur de l'attaque survenue samedi lors de la Marche des fiertés à Berlin avait prêté allégeance au groupe État islamique dans une vidéo diffusée peu avant les faits, a révélé le média allemand Bild. Cette attaque, qui a fait un mort et une trentaine de blessés, a eu lieu près du défilé annuel du Christopher Street Day, dans le parc du Tiergarten, à proximité de la porte de Brandebourg.
L'assaillant, déjà connu des autorités allemandes, avait été condamné en mai dernier « pour préparation d'un acte de violence grave portant atteinte à la sécurité de l'État ». Malgré cette condamnation, il avait recouvré sa liberté, ce qui suscite aujourd'hui des interrogations sur le suivi judiciaire des individus radicalisés dans le pays.
Dans la vidéo, visionnée par les enquêteurs, l'homme apparaît vêtu de noir et prononce une déclaration d'allégeance à l'organisation terroriste. Selon les premiers éléments de l'enquête, il aurait agi seul, sans commanditaire direct, mais l'inspiration idéologique de l'État islamique est clairement établie. Les services antiterroristes allemands ont été saisis de l'affaire.
La Marche des fiertés de Berlin, l'un des plus grands événements LGBTQ+ d'Europe, rassemblait des centaines de milliers de participants. L'attaque a provoqué une onde de choc dans la communauté et au-delà. Un mémorial improvisé a été installé dans le Tiergarten, où des passants ont déposé des fleurs et des bougies en hommage à la victime.
L'identité de la personne tuée n'a pas encore été officiellement révélée, mais les autorités ont confirmé qu'il s'agit d'un homme d'une cinquantaine d'années, habitant Berlin. Les trente blessés, dont certains grièvement, ont été transportés dans plusieurs hôpitaux de la capitale. Le bilan pourrait encore évoluer, bien que les médecins jugent la majorité des victimes hors de danger.
La classe politique allemande a unanimement condamné l'attentat. La ministre de l'Intérieur a promis une enquête approfondie sur les circonstances ayant permis à un individu condamné pour terrorisme de recouvrer la liberté. Plusieurs voix se sont élevées pour réclamer un renforcement des mesures de surveillance à l'encontre des suspects radicalisés, notamment dans le cadre des grands rassemblements publics.
Cet événement relance le débat sur la gestion des prisonniers islamistes en Allemagne et sur les lacunes potentielles du système judiciaire face à la menace terroriste. Les enquêteurs tentent désormais de déterminer si l'assaillant avait des complices ou s'il a bénéficié de soutiens logistiques pour préparer son attaque. Aucune revendication officielle n'a été émise par l'État islamique à ce stade, mais la vidéo d'allégeance est considérée comme une preuve de son inspiration djihadiste.



