Les rebelles houthis du Yémen, soutenus par l'Iran, ont revendiqué dans la nuit des attaques contre deux pétroliers saoudiens en mer Rouge, ouvrant un nouveau front dans le conflit qui embrase le Moyen-Orient. Cette escalade intervient alors que le détroit d'Ormuz est déjà verrouillé par l'Iran, menaçant le trafic pétrolier mondial. Les Houthis avaient annoncé lundi un blocus de l'Arabie saoudite, faisant craindre un nouveau blocage maritime dans cette zone stratégique.

Le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, a déploré que les Houthis se soient « laissés entraîner » par l'Iran, accusant Téhéran de déstabiliser la région. De son côté, l'armée américaine a annoncé avoir lancé, pour la douzième nuit consécutive, des bombardements visant des cibles militaires iraniennes. Ces frappes ont notamment touché la ville de Bouchehr, où se trouve la seule centrale nucléaire en fonctionnement de l'Iran, ainsi que d'autres sites à travers le pays.

En réponse, l'Iran a répliqué en attaquant des positions américaines en Jordanie, au Koweït et à Bahreïn, intensifiant un conflit qui semble désormais s'étendre bien au-delà des frontières initiales. Les Houthis, qui contrôlent une grande partie du Yémen, ont profité de cette escalade pour cibler des navires saoudiens, un geste qui pourrait raviver les tensions entre Riyad et Téhéran.

Les attaques en mer Rouge viennent étendre encore le théâtre de la guerre au Moyen-Orient, faisant voler en éclats le cessez-le-feu arraché en avril dernier. Ce conflit, qui implique désormais plusieurs acteurs régionaux et internationaux, risque de raviver les inquiétudes du marché pétrolier, alors que le détroit d'Ormuz reste bloqué par l'Iran et que le passage par le détroit de Bab-el-Mandeb est menacé par les rebelles houthis.

Les Houthis, qui se présentent comme les défenseurs des causes palestiniennes et iraniennes, ont intensifié leurs actions maritimes ces dernières semaines. Leur revendication d'attaques contre des navires saoudiens marque une escalade significative, car l'Arabie saoudite est un allié clé des États-Unis dans la région. Riyad n'a pas encore officiellement réagi à ces attaques, mais les analystes estiment que cela pourrait entraîner une réponse militaire saoudienne ou une pression accrue sur les Houthis via la coalition dirigée par l'Arabie saoudite au Yémen.

Les frappes américaines en Iran, qui se poursuivent sans relâche, visent à affaiblir les capacités militaires iraniennes, mais elles ont également un impact humanitaire. Les bombardements ont touché des infrastructures civiles, notamment à Bouchehr, où la centrale nucléaire a été endommagée, suscitant des inquiétudes quant à une possible catastrophe nucléaire. L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a appelé à la retenue, mais les combats se poursuivent.

Le conflit au Moyen-Orient, qui a débuté par des tensions entre Israël et le Hamas, s'est rapidement étendu à l'Iran, aux États-Unis et à leurs alliés respectifs. Les Houthis, en ouvrant un front maritime, ajoutent une nouvelle dimension à ce conflit, menaçant les routes commerciales vitales pour l'approvisionnement en pétrole et en gaz. Les marchés financiers ont déjà réagi, avec une hausse des prix du pétrole brut, tandis que les compagnies maritimes envisagent de détourner leurs navires pour éviter les zones de conflit.

La communauté internationale, par la voix de l'ONU, a appelé à une désescalade immédiate, mais les positions des belligérants restent inflexibles. Les États-Unis continuent de soutenir Israël et de frapper l'Iran, tandis que Téhéran utilise ses alliés régionaux, comme les Houthis et le Hezbollah, pour étendre le conflit. La situation reste extrêmement volatile, et les experts craignent que cette escalade ne conduise à une guerre régionale généralisée.