Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a estimé mardi qu'autoriser l'Iran à contrôler le détroit d'Ormuz créerait un « dangereux précédent » pour la sécurité mondiale. Cette déclaration intervient alors que les États-Unis mènent des frappes aériennes contre des cibles iraniennes pour la onzième nuit consécutive, dans le cadre d'une escalade militaire sans précédent au Moyen-Orient.

« Permettre à Téhéran de dicter le passage dans cette voie navigable stratégique menacerait non seulement nos alliés, mais aussi l'économie mondiale », a déclaré Marco Rubio lors d'une conférence de presse à Washington. Le détroit d'Ormuz, situé entre le golfe Persique et le golfe d'Oman, est un point de transit essentiel pour environ un cinquième du pétrole mondial. Toute perturbation de ce passage pourrait provoquer une flambée des prix de l'énergie et des tensions géopolitiques majeures.

Le président Donald Trump a renchéri en affirmant qu'il n'en avait « pas fini du tout » avec l'Iran. Depuis le Bureau ovale de la Maison-Blanche, il a averti que les opérations militaires américaines se poursuivraient jusqu'à ce que les capacités offensives de l'Iran soient neutralisées. « Nous frapperons aussi longtemps qu'il le faudra », a-t-il déclaré, sans exclure la possibilité de cibler des installations nucléaires souterraines secrètes.

Les frappes américaines, qui en sont à leur onzième nuit consécutive, visent selon le commandement américain pour le Moyen-Orient à « continuer à affaiblir la capacité de l'Iran à menacer le trafic maritime commercial dans le détroit d'Ormuz ». L'armée américaine a précisé que ces opérations ciblent des sites militaires, des dépôts de munitions et des infrastructures logistiques iraniennes. Les frappes ont été intensifiées après la mort de soldats américains lors d'une attaque attribuée à des milices soutenues par Téhéran.

La communauté internationale observe avec inquiétude cette escalade. Plusieurs pays du Golfe, dont l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, ont exprimé leur préoccupation face à une possible fermeture du détroit d'Ormuz, qui paralyserait leurs exportations pétrolières. L'Union européenne a appelé à une désescalade, tandis que la Russie et la Chine ont critiqué les frappes américaines, les qualifiant de violation du droit international.

Le détroit d'Ormuz, large de seulement 33 kilomètres à son point le plus étroit, est depuis des décennies un point chaud stratégique. L'Iran a menacé à plusieurs reprises de le bloquer en cas de conflit majeur, une option que Téhéran considère comme un levier de négociation face aux pressions occidentales. Les analystes estiment qu'un tel blocus pourrait faire monter le prix du baril de pétrole à plus de 150 dollars, plongeant l'économie mondiale dans une récession.

Sur le plan humanitaire, les frappes ont déjà fait des centaines de victimes civiles en Iran, selon des sources locales. Les hôpitaux de plusieurs villes iraniennes sont débordés, et les organisations humanitaires peinent à acheminer de l'aide en raison des bombardements. Le gouvernement iranien a dénoncé une « agression barbare » et promis une riposte « proportionnée mais dévastatrice ».

Les États-Unis, de leur côté, ont renforcé leur présence navale dans la région, avec le déploiement de porte-avions et de sous-marins. Le Pentagone a également activé des systèmes de défense antimissile dans plusieurs bases alliées, anticipant d'éventuelles représailles iraniennes. La situation reste extrêmement tendue, et les experts redoutent une escalade incontrôlable qui pourrait embraser tout le Moyen-Orient.