Au moins neuf personnes ont été tuées et treize autres blessées dans une nouvelle attaque de missiles balistiques lancée par la Russie contre Kiev dans la nuit du vendredi 31 juillet au samedi 1er août. Le bilan a été annoncé samedi matin par les autorités ukrainiennes, alors que la capitale était de nouveau visée par des frappes russes malgré la mobilisation de sa défense aérienne.
Selon les services de secours ukrainiens, la frappe a endommagé un immeuble résidentiel de plusieurs étages. Les secouristes étaient encore à l'œuvre samedi matin sur les lieux du drame, où d'importants dégâts matériels ont été constatés. Les images diffusées depuis le quartier touché montrent des équipes déployées pour porter assistance aux habitants.
Cette nouvelle attaque intervient alors que Moscou intensifie ses frappes de longue portée contre le territoire ukrainien. Kiev, la plus grande ville du pays, demeure l'une des cibles privilégiées de l'armée russe, qui utilise des missiles balistiques particulièrement difficiles à intercepter en raison de leur vitesse et de leur trajectoire. Malgré les efforts de la défense aérienne installée autour de la capitale, les projectiles ont atteint cette nuit un secteur résidentiel.
Le ministère russe de la Défense a assuré que ces frappes de « haute précision », menées contre Kiev et sa région, visaient « des entreprises du complexe militaro-industriel et des centres logistiques en Ukraine ». Le bilan, lui, fait état d'au moins neuf morts et treize blessés dans la capitale, touchée une nouvelle fois en pleine nuit.
L'attaque survient également dans un contexte politique délicat. Le président américain Donald Trump tergiverse sur l'autorisation donnée ou non à l'Ukraine de produire des systèmes Patriot, des batteries de défense antiaérienne capables d'intercepter des missiles balistiques. Cette décision, très attendue par les autorités ukrainiennes, est décisive pour la protection des grandes villes face aux bombardements russes.
Les systèmes Patriot, de conception américaine, figurent parmi les équipements de défense antiaérienne les plus avancés livrés à l'Ukraine depuis le début de la guerre. Leur capacité à abattre des missiles balistiques en fait un outil précieux pour réduire le nombre de victimes civiles. La question de leur production sur le sol ukrainien est au cœur des discussions entre Kiev et Washington, alors que les frappes russes se multiplient.
Depuis plusieurs mois, les bombardements russes contre les villes ukrainiennes ont fait des centaines de morts et détruit de nombreux immeubles d'habitation, écoles et infrastructures civiles. Les alertes aériennes sont quasi quotidiennes dans les grandes villes, et les habitants se sont habitués à passer des nuits entières dans les abris. La frappe de cette nuit à Kiev s'inscrit dans cette série de bombardements qui endeuille régulièrement la population ukrainienne.
Les autorités ukrainiennes réclament depuis des mois un renforcement de leur défense antiaérienne afin de protéger les civils. Le drame survenu dans la nuit de vendredi à samedi montre une fois encore les limites des boucliers actuels face à des salves de missiles balistiques, et relance la pression sur les alliés occidentaux pour qu'ils accélèrent leurs livraisons d'armement.



