Volodymyr Zelensky est arrivé ce lundi au Royaume-Uni, où il est devenu le premier dirigeant étranger à être reçu par le nouveau chef du gouvernement britannique, Andy Burnham. Les deux hommes se sont rencontrés sur une base navale à Portsmouth, sur la côte sud de l’Angleterre, pour échanger avec des militaires ukrainiens et britanniques participant à un exercice de lutte contre les mines marines. Cette rencontre vise à préparer de futures missions en mer Noire et à conclure un accord sur les drones, un enjeu crucial pour l’armée ukrainienne face à l’invasion russe.

« Volodymyr, vous êtes le premier dirigeant que j’accueille en personne depuis mon entrée en fonction, et ce n’est pas un hasard », a déclaré Andy Burnham au président ukrainien, ajoutant vouloir envoyer « un message très clair ». Le Premier ministre travailliste a annoncé le partage avec l’Ukraine de la propriété intellectuelle d’un système de brouillage britannique destiné à déjouer les défenses aériennes russes. Cette visite intervient avant le déplacement de Volodymyr Zelensky à Washington mardi, où il doit rencontrer Donald Trump pour discuter du soutien américain à Kiev.

Parallèlement, Vladimir Poutine a signé ce lundi un décret augmentant les effectifs de l’armée russe. À partir du 1ᵉʳ août, la Russie disposera de 25 000 soldats supplémentaires, portant le total à 2 426 130 personnes, dont 1 535 000 militaires. Cette décision, rapportée par l’agence TASS, intervient alors que la guerre en Ukraine entre dans son 1 614ᵉ jour et que les pertes humaines et matérielles continuent de s’accumuler des deux côtés.

Sur le plan diplomatique, l’Iran a mis en garde l’Ukraine après l’attaque d’un de ses navires en mer Caspienne ce week-end, attribuée à Kiev. « Cette action de l’Ukraine était un acte absolument illégal et injustifié, contraire à la Charte des Nations unies, ainsi qu’un acte d’aventurisme dangereux qui ne restera certainement pas sans réponse de notre part », a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, lors d’un point de presse. Il a ajouté que les conséquences seraient « assurément imprévisibles ». Volodymyr Zelensky avait indiqué samedi que Kiev avait mené des frappes de longue portée en mer Caspienne contre des navires transportant du matériel militaire impliquant l’Iran, soulignant la dimension de plus en plus internationale de la guerre.

Sur le terrain, l’Ukraine a intensifié ses frappes à distance contre la Russie. Cinq personnes seraient mortes, dont un enfant, lors d’une attaque nocturne de drones ukrainiens à Rostov-sur-le-Don, dans le sud-ouest de la Russie, ont indiqué lundi les autorités locales. Selon la même source, des débris de drones ont endommagé trois immeubles, dix-sept maisons privées et un centre social. Ces frappes illustrent la capacité croissante de Kiev à projeter sa puissance au-delà des lignes de front.

Cette escalade militaire et diplomatique survient alors que les négociations de paix restent au point mort. La visite de Zelensky à Londres et Washington témoigne de sa volonté de maintenir la pression sur ses alliés occidentaux pour obtenir davantage d’aide militaire, tandis que la Russie continue de mobiliser ses forces et que l’Iran menace de représailles. La communauté internationale observe avec inquiétude l’élargissement du conflit, qui implique désormais directement l’Iran dans le cadre des livraisons de drones et de matériel militaire à la Russie.