Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a officiellement présenté samedi 25 juillet 2026 à Dakar son nouveau parti politique, baptisé « Kiiraay, les patriotes républicains ». Cette annonce acte la rupture définitive avec son ancien Premier ministre Ousmane Sonko et le parti Pastef, dont il était issu lors de la campagne présidentielle de 2024. Le chef de l’État entend désormais structurer sa propre formation pour porter ses projets de réforme.
Le nom « Kiiraay » signifie « protection » en wolof, principale langue nationale du Sénégal. Le président a expliqué vouloir faire de la protection des citoyens et des valeurs républicaines le sacerdoce central de son action. Le parti se donne pour mot d’ordre la défense de la souveraineté, de la justice sociale et du développement économique, dans la continuité de son programme de rupture.
Cette création intervient dans un contexte de recomposition rapide du paysage politique sénégalais. Depuis plusieurs mois, les tensions entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko se sont aggravées, notamment sur la gestion des affaires courantes et les choix stratégiques du gouvernement. La dissolution du groupe parlementaire commun et les départs de cadres vers l’un ou l’autre camp ont préparé le terrain à une séparation formelle.
Avec « Kiiraay, les patriotes républicains », le président Faye cherche à rassembler les élus locaux, les anciens membres de la société civile et les jeunes qui l’avaient soutenu en 2024, mais aussi à attirer des figures modérées de l’opposition. Le parti se veut ouvert et pluraliste, tout en affirmant une ligne souverainiste et panafricaine. De son côté, Ousmane Sonko conserve la direction du Pastef et compte maintenir une opposition ferme au chef de l’État.
Les observateurs notent que cette scission était prévisible après la cohabitation difficile entre les deux hommes, jadis alliés lors de l’élection présidentielle de 2024 qui avait porté Diomaye Faye au pouvoir. Le nouveau parti présidentiel devra désormais prouver sa capacité à s’implanter localement et à peser lors des futures échéances électorales, notamment les législatives anticipées qui pourraient être organisées si la majorité se fragilise.
L’annonce a été accueillie avec un mélange d’attentisme et d’inquiétude par la classe politique. Certains analystes soulignent que ce nouveau parti risque d’affaiblir la coalition au pouvoir et d’ouvrir une période d’incertitude. D’autres y voient au contraire une clarification nécessaire pour permettre au président de gouverner avec une base homogène. Les prochains mois seront décisifs pour mesurer l’impact de cette recomposition sur la stabilité politique du Sénégal.



