Le parquet de Paris a annoncé ce mardi la levée de la garde à vue de l'homme suspecté d'avoir attaqué trois femmes au couteau lundi après-midi à la porte de Clichy, dans le 17e arrondissement de la capitale. Selon le parquet, un examen de comportement a conclu que son état de santé était incompatible avec le maintien en garde à vue. Le suspect a été transféré à l'infirmerie psychiatrique de la préfecture de police.

L'attaque s'est déroulée vers 11h30. L'homme, muni de deux armes blanches — probablement des couteaux de cuisine —, s'en est pris à trois femmes. Deux d'entre elles ont été grièvement blessées et transportées en urgence absolue. La troisième, enceinte de huit mois, a également été hospitalisée mais son pronostic vital n'est pas engagé. Leur état est désormais stabilisé, selon les dernières informations judiciaires.

L'assaillant a été interpellé peu après les faits par un policier hors service de la préfecture de police qui l'a entendu tenir « des propos incohérents ». Il a été immédiatement placé en garde à vue pour tentatives de meurtre. Les investigations ont rapidement révélé que le suspect faisait l'objet d'un suivi psychiatrique, tout en étant jusqu'alors inconnu des services de police et de l'autorité judiciaire.

La décision de lever la garde à vue pour raison psychiatrique s'inscrit dans le cadre de la procédure pénale française: lorsqu'un examen médical atteste que l'état mental d'une personne mise en cause est incompatible avec la mesure, la privation de liberté doit cesser. Le suspect est désormais pris en charge dans l'unité psychiatrique de la préfecture de police, où il pourra être évalué plus longuement. L'enquête se poursuit sous le chef de tentatives de meurtre, mais la question de sa responsabilité pénale — et notamment de son éventuelle abolition du discernement — reste centrale.

Cette affaire relance le débat sur la prise en charge des personnes souffrant de troubles psychiatriques dans l'espace public et sur les moyens donnés aux forces de l'ordre pour intervenir face à des situations de crise. Dans l'attente des conclusions de l'expertise psychiatrique, le parquet n'a pas encore précisé la suite exacte de la procédure. Les trois victimes, quant à elles, demeurent hospitalisées, mais les médecins se veulent rassurants sur leur évolution.