N° 274 jeudi 1 octobre 2026

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Société

Déserts médicaux : la Cour des comptes cible 8 553 généralistes et propose de réguler l'installation

Dans un rapport présenté à l'Assemblée nationale, la Cour des comptes formule plusieurs recommandations pour soutenir l'activité des médecins généralistes traitants et améliorer l'accès aux soins.

Déserts médicaux : la Cour des comptes cible 8 553 généralistes et propose de réguler l'installation
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La Cour des comptes a présenté à l'Assemblée nationale, le 30 septembre, un rapport consacré au manque de médecins traitants en France. L'institution indépendante y formule plusieurs recommandations destinées à soutenir l'activité des généralistes référents et à corriger les inégalités d'accès aux soins qui persistent sur le territoire.

Le constat de départ est connu : plus de vingt ans après la création du dispositif du médecin traitant, une partie de la population ne parvient toujours pas à en bénéficier. Le rapport pointe notamment la situation de 8 553 généralistes libéraux, dont l'activité et l'implantation sont examinées de près par les magistrats. Ces médecins exercent dans des zones où l'offre de soins reste insuffisante, alors que d'autres territoires concentrent l'essentiel des praticiens.

Parmi les pistes avancées, la Cour des comptes recommande de renforcer les mécanismes d'incitation à l'installation dans les territoires sous-dotés. Elle suggère également d'améliorer la coordination entre les professionnels de santé et de mieux prendre en compte la charge administrative qui pèse sur les généralistes. L'objectif affiché est double : garantir un médecin traitant à chaque patient qui en fait la demande et réduire les délais d'attente pour obtenir un rendez-vous.

Le rapport intervient dans un contexte de tension durable sur l'ensemble du système de santé français. Les déserts médicaux, qui touchent particulièrement les zones rurales et certaines banlieues, alimentent un mécontentement croissant chez les patients comme chez les professionnels. Les syndicats de médecins libéraux dénoncent depuis plusieurs années une organisation qui ne répond plus aux besoins de la population, tandis que les associations de patients réclament des mesures concrètes pour lutter contre les inégalités territoriales.

La Cour des comptes ne se limite pas au diagnostic. Elle propose une série de mesures structurelles, parmi lesquelles une meilleure régulation de l'installation des médecins dans les zones les plus fragiles. Cette question divise profondément la profession : certains y voient une atteinte à la liberté d'installation, d'autres une réponse indispensable face à l'urgence sanitaire. Le gouvernement, qui n'a pas encore réagi officiellement au rapport, devra trancher dans les mois à venir.

Le dispositif du médecin traitant, instauré au début des années 2000, visait à améliorer le suivi médical des patients et à maîtriser les dépenses de santé. Vingt ans plus tard, force est de constater que l'objectif n'est que partiellement atteint. De nombreux patients renoncent à déclarer un médecin traitant faute d'en trouver un, et les services d'urgence continuent d'absorber une demande qui relèverait normalement de la médecine de ville.

Les recommandations de la Cour des comptes s'inscrivent dans un débat plus large sur l'avenir de l'assurance maladie et sur la place des soins primaires dans le système de santé. Elles devraient alimenter les discussions parlementaires et nourrir les travaux engagés par le ministère de la Santé. Reste à savoir si elles se traduiront par des mesures législatives ou réglementaires, et selon quel calendrier.

Pour les patients comme pour les professionnels, l'enjeu est considérable. Il s'agit ni plus ni moins de garantir un accès équitable aux soins sur l'ensemble du territoire, alors que la démographie médicale continue de se dégrader dans certaines régions. Le rapport de la Cour des comptes rappelle que le temps presse et que les solutions devront être à la hauteur des attentes suscitées.

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Étienne Chevalier

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Reporter sport

Étienne Chevalier couvre pour Nacrée l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.