N° 283 samedi 10 octobre 2026

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Société

Journée mondiale de la santé mentale : oser dire « aujourd'hui, je ne vais pas bien »

À l'occasion de la Journée mondiale de la santé mentale du 10 octobre, la difficulté à exprimer sa souffrance psychique reste un obstacle majeur, alors que des initiatives en Italie et ailleurs tentent de briser le tabou.

Journée mondiale de la santé mentale : oser dire « aujourd'hui, je ne vais pas bien »
Giornata mondiale della salute mentale, il coraggio di dire «oggi non sto bene»

À l'occasion de la Journée mondiale de la santé mentale, célébrée chaque 10 octobre, une question revient avec insistance : pourquoi est-il si difficile de dire « aujourd'hui, je ne vais pas bien » ? Si la parole se libère progressivement, notamment chez les plus jeunes générations, la souffrance psychique demeure entourée de honte et de silence. L'édition 2026 de cette journée met justement l'accent sur l'écoute des expériences vécues, une manière de rappeler que la santé mentale ne se résume pas à des statistiques, mais à des récits humains.

En Italie, plusieurs initiatives ont été organisées pour marquer l'événement. Monuments illuminés en vert, risotto noir Vénus distribué par des bénévoles, musées, livres et repas communautaires : le pays s'est mobilisé pour créer des espaces de dialogue et d'écoute. Ces actions symboliques visent à faire sortir la santé mentale de l'ombre, à encourager celles et ceux qui souffrent à demander de l'aide, et à sensibiliser le grand public à une réalité souvent invisibilisée.

Pour comprendre l'état des lieux, deux professionnelles ont été sollicitées : Valentina di Mattei, présidente de l'Ordre des psychologues de Lombardie, et Luana Valletta, présidente de l'Ordre des psychologues d'Émilie-Romagne. Leur expertise met en lumière les obstacles persistants à l'accès aux soins, qu'il s'agisse de la stigmatisation, du manque de ressources ou de la difficulté à reconnaître ses propres symptômes. Leur analyse souligne que la parole reste un premier pas essentiel, mais qu'elle doit être accompagnée de structures d'accueil accessibles et adaptées.

Le tabou n'est pas propre à l'Italie. Partout, des personnalités publiques contribuent à faire évoluer les mentalités en partageant leur vécu. Le prince Harry a ainsi évoqué à plusieurs reprises sa dépression après son départ de Londres, expliquant avoir connu « un effondrement de l'adrénaline, quelque chose qui ne m'était jamais arrivé auparavant ». Son témoignage, comme d'autres, rappelle que la souffrance psychique touche tous les milieux et que le silence n'est jamais une solution.

La Journée mondiale de la santé mentale n'est pas seulement une date symbolique. Elle constitue un rappel annuel de l'urgence à agir : renforcer les services de soins, former les professionnels, lutter contre la stigmatisation et encourager la parole. Car dire « je ne vais pas bien » est déjà un acte de courage, et une première étape vers la guérison.

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Florence Barbier

Auteur

Rédactrice culture

Florence Barbier couvre pour Nacrée l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.