Les services du Premier ministre ont réagi, mercredi 5 août, aux signalements de drames survenus au sein de leur administration. Dans un courrier consulté par l’AFP, Matignon revient sur les différents cas évoqués depuis lundi: deux suicides, deux tentatives de suicide et une mort suspecte. Cette réponse écrite intervient alors que l’administration est directement mise en cause dans ce dossier.

L’affaire a été rendue publique par France Inter. La radio a révélé qu’une fonctionnaire des services du Premier ministre avait porté plainte après une tentative de suicide. Un signalement évoque également une autre tentative de suicide, ainsi que deux suicides et une mort suspecte. Le suicide de deux agents est ainsi au cœur des signalements transmis à la direction. Ces informations, reprises par l’ensemble de la presse, ont rapidement placé Matignon sous pression. L’administration a finalement pris la parole mercredi.

Dans ce contexte, la direction des services a choisi de s’exprimer par écrit. Le courrier dont l’AFP a eu connaissance donne la version de l’administration sur chacun des cas cités. Il revient sur le déroulement des faits et sur les suites qui leur ont été réservées. L’administration y répond aux questions posées par les signalements, sans que l’intégralité du texte ait toutefois été rendue publique. Seuls des éléments du document ont été portés à la connaissance de la presse, sans que l’on connaisse l’ensemble des explications fournies.

Des enquêtes ont par ailleurs été ouvertes après plusieurs suicides d’agents des services du Premier ministre. Elles doivent permettre de déterminer les circonstances exactes des décès et des tentatives de suicide, et de vérifier d’éventuels manquements dans la prise en charge de ces situations. La plainte déposée par la fonctionnaire s’ajoute à ces procédures. Elle devra être instruite par la justice, qui devra faire la lumière sur les causes de ces drames et, le cas échéant, établir des responsabilités.

La réponse de Matignon intervient alors que la pression reste forte sur les services de l’exécutif. Depuis lundi, ceux-ci sont mis en cause pour leur gestion des situations évoquées. Le courrier transmis à l’AFP constitue la première réaction écrite de la direction depuis le début de l’affaire. S’il ne clôt pas le débat, il permet à Matignon de faire valoir sa lecture des événements et de préciser le cadre dans lequel les différents cas ont été traités, avant même que les enquêtes en cours ne rendent leurs conclusions.

Cette affaire a d’autant plus retenu l’attention qu’elle concerne des personnels travaillant au plus près du chef du gouvernement. Les circonstances exactes des événements restent à établir par les procédures en cours. En attendant, Matignon a choisi de donner sa version des faits, alors que les services concernés demeurent sous le feu des questions. Les suites de ce dossier seront scrutées de près, tant par les agents de l’administration que par les observateurs de la vie publique. Le courrier du 5 août ne marque, à ce titre, qu’une étape dans une affaire déjà marquée par de nombreux signalements.