Mehdi Laribi, présenté comme l’un des fondateurs de la DZ Mafia, a été arrêté en Algérie le 20 juillet dernier. Ce Franco-Algérien de 36 ans, connu sous le surnom « Tic », a été placé sous contrôle judiciaire par les autorités algériennes. L’information, révélée mercredi 5 août, a été confirmée par des sources judiciaires et policières ainsi que par plusieurs médias.

Considéré comme l’un des cinq ou six membres fondateurs du groupe criminel, il était recherché par la justice française. Son interpellation est intervenue sur exécution d’un mandat d’arrêt délivré dans le cadre de l’opération « Octopus », vaste enquête sur le narcotrafic à Marseille. Cette opération avait conduit, en mars dernier, à la mise en examen de vingt-six personnes, dont plusieurs cadres présumés de la DZ Mafia, présentés par les enquêteurs comme des cadres suspectés de ce puissant réseau de trafic de drogue.

Parmi les personnes mises en examen figurent notamment Amine Oualane et Gabriel Ory, tous deux jugés aux assises d’Aix-en-Provence au printemps pour un double homicide, ainsi que Mahdi Zerdoum. Dans cette affaire, le parquet de Marseille reproche à Mehdi Laribi la « direction de groupement criminel ayant pour objet le trafic de stupéfiants, le blanchiment et l’association de malfaiteurs ».

Le suspect vivait en Algérie depuis plusieurs années. Son nom revenait régulièrement dans les procédures liées au trafic de drogue marseillais, sans que son porteur ne comparaisse devant les juges français. Son alias « Tic » apparaît au fil des enquêtes consacrées à la DZ Mafia et aux réseaux de stupéfiants de la cité phocéenne depuis près d’une décennie.

Son arrestation relance la question des suites judiciaires. L’Algérie n’ayant pas pour politique d’extrader ses ressortissants, la remise de Mehdi Laribi à la France reste incertaine. Reste à savoir si Alger acceptera de le transférer aux autorités françaises, alors que la coopération judiciaire entre les deux pays est suivie de près dans les dossiers de narcotrafic. Pour l’heure, les autorités algériennes ont opté pour un placement sous contrôle judiciaire, une décision qui ne préjuge pas de la suite de la procédure.

Cette interpellation intervient dans un contexte judiciaire chargé pour la DZ Mafia. Le groupe est au centre de plusieurs dossiers de narcotrafic jugés à Marseille et à Aix-en-Provence. Les membres présumés de l’organisation font face à des procédures pour trafic de stupéfiants, homicide et participation à une organisation criminelle. Le procès de plusieurs d’entre eux s’est ouvert à Aix-en-Provence, illustrant l’ampleur des investigations menées contre ce réseau, régulièrement décrit comme l’un des principaux acteurs du trafic de drogue dans le sud de la France.