Reprise de poids : la biologie, pas la volonté, selon une médecin britannique
La reprise de poids après un régime n'est pas un échec personnel mais la conséquence de mécanismes biologiques complexes, explique la Dr Caroline Butler, qui appelle à dépasser les préjugés sur l'obésité.
La reprise de poids après une perte de poids n'est pas un manque de volonté, mais le résultat de mécanismes biologiques complexes. C'est le message porté par la Dr Caroline Butler, médecin en chef de Genwell UK, qui entend déconstruire des décennies de préjugés sur le surpoids et l'obésité.
Pendant longtemps, les personnes concernées ont été injustement qualifiées de paresseuses ou de gourmandes, la perte de poids étant présentée comme une simple affaire de manger moins et de bouger plus. Or, la biologie qui régit le poids corporel est bien plus complexe, souligne la spécialiste. Le corps dispose de systèmes de régulation qui ne se contentent pas de répondre aux calories ingérées et dépensées.
Ces systèmes sont directement liés à la santé métabolique globale. Autrement dit, le poids n'est pas une question isolée de comportement individuel, mais s'inscrit dans un ensemble de mécanismes physiologiques qui interagissent avec l'ensemble de l'organisme. La reprise de poids, fréquente après un régime, relève de ces mêmes mécanismes.
La Dr Butler insiste sur un point : la prise et la reprise de poids ne sont pas des échecs personnels. Cette approche vise à changer le regard porté sur l'obésité, souvent réduite à une question de discipline. En replaçant la biologie au centre du débat, elle invite à considérer la santé métabolique comme un enjeu médical et non moral.
Cette mise au point intervient alors que les discours sur le contrôle du poids restent largement dominés par la responsabilité individuelle. Pour de nombreux patients, comprendre que leur corps active des mécanismes de défense face à la perte de poids peut alléger la culpabilité et améliorer la prise en charge.
La question de la reprise de poids concerne un grand nombre de personnes ayant suivi un régime. Elle touche aussi bien à la santé physique qu'au bien-être psychologique, tant la pression sociale autour du corps reste forte. Les explications biologiques permettent d'ouvrir la voie à des approches plus réalistes et moins stigmatisantes.
En mettant en avant le rôle des systèmes de régulation, la médecin rappelle que la lutte contre l'obésité ne peut se résumer à des injonctions. Elle plaide pour une meilleure compréhension des liens entre poids, métabolisme et santé globale, afin d'accompagner les patients sans les juger.
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