N° 272 mardi 29 septembre 2026

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Société

Selon un psychothérapeute, la trahison en couple a une cause principale : un besoin émotionnel dissimulé

Dans le premier épisode du cycle « Mi Amor », le psychothérapeute Robert Rutkowski explique que l'infidélité ne relève pas uniquement du désir, mais d'un manque affectif non exprimé. Il rappelle aussi que l'amour est une compétence à cultiver, et que la solitude nuit à la santé.

Selon un psychothérapeute, la trahison en couple a une cause principale : un besoin émotionnel dissimulé
Dako99

La trahison au sein d'un couple aurait une cause principale, et celle-ci ne se résume pas au désir sexuel. C'est ce qu'affirme le psychothérapeute et mentor Robert Rutkowski, invité du premier épisode du cycle « Mi Amor », animé par Anna Dec et Nikola Zbyszewska-Strus. Selon lui, l'infidélité renvoie le plus souvent à un besoin émotionnel dissimulé, que l'un des partenaires ne parvient pas à exprimer ou à voir satisfait dans la relation.

Cette analyse déplace le regard habituel sur la trahison. Là où l'on invoque souvent l'attirance ou l'occasion, le thérapeute insiste sur ce qui se joue en amont : un manque de reconnaissance, d'attention ou de sécurité affective qui, faute d'être dit, cherche une issue ailleurs. La trahison devient alors le symptôme d'un dysfonctionnement relationnel plus profond, et non une simple pulsion isolée.

Robert Rutkowski développe par ailleurs une idée forte : l'amour n'est pas un sentiment qui tombe sur nous sans prévenir, mais une compétence que l'on doit vouloir apprendre. Cette conception a des conséquences concrètes. Elle suppose que la capacité à aimer et à recevoir de l'amour se construit, s'entretient et peut faire l'objet d'un apprentissage, y compris à l'âge adulte.

Pour le psychothérapeute, les difficultés de proximité que rencontrent les adultes trouvent souvent leur origine dans les messages entendus pendant l'enfance. Les interdits répétés, les jugements permanents et l'absence d'acceptation laissent des traces durables. L'enfant qui grandit dans ce climat apprend à se protéger plutôt qu'à s'ouvrir, et cette posture se rejoue plus tard dans le couple.

Le spécialiste s'appuie sur des travaux montrant que les personnes vivant dans la solitude présentent un taux de cortisol plus élevé et un état de santé global moins bon que celles qui vivent en couple. Le retentissement de l'isolement affectif ne serait donc pas seulement psychologique : il s'inscrirait aussi dans le corps, via le stress chronique. Ce constat donne un relief particulier aux enjeux de la vie relationnelle.

Au-delà du diagnostic, Robert Rutkowski propose un exercice simple pour développer l'amour de soi, à répéter chaque soir. L'objectif est de renforcer l'estime personnelle et la capacité à poser des limites, deux appuis qui rendent moins probable la recherche de compensation en dehors du couple. Prendre soin de soi apparaît ainsi comme un préalable à une relation stable et sincère.

Ces réflexions s'inscrivent dans un contexte où la parole sur le couple et l'infidélité se libère. Les thérapeutes sont de plus en plus sollicités pour aider les partenaires à nommer leurs besoins avant que la rupture ne devienne inévitable. L'approche défendue ici invite à considérer la trahison comme un signal d'alerte, et non comme une fatalité.

Pour les couples, l'enjeu est donc double : apprendre à exprimer ses attentes affectives et cultiver une relation où l'autre se sent reconnu. C'est à ce prix, selon le psychothérapeute, que l'on peut espérer une intimité durable, fondée sur la parole plutôt que sur le silence.

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Florence Barbier

Auteur

Rédactrice culture

Florence Barbier couvre pour Nacrée l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.