Une couronne ne fait pas tout
Les photos étaient enfin publiées. Il fallait maintenant me faire connaître, apprendre à prendre la parole et construire mon aventure. Mais derrière les sourires et les félicitations, une autre réalité m’attendait : trouver des partenaires, financer mes projets et préparer une élection nationale sans savoir encore comment j’allais y arriver.
Et, heureusement, la personne du comité m’a rassurée. Elle m’a dit que les photos étaient très belles et qu’elle allait les partager directement sur la page officielle.
J’étais soulagée.
Puis les photos ont été publiées.
Et là, une nouvelle étape commençait.
Il fallait créer mes comptes officiels Miss Ronde FIFRG Martinique, partager les photos à mon tour, les faire connaître et commencer à raconter mon parcours.
Je veux d’ailleurs prendre un moment pour remercier les personnes qui m’ont découverte à ce moment-là.
Parce que, même si je n’ai pas forcément eu le « buzz » que certains peuvent imaginer, les personnes que la vie a mises sur mon chemin ont été, pour la plupart, bienveillantes.
J’ai reçu des messages de félicitations.
Des encouragements.
Des :
« Continue ! »
« Courage ! »
« On te soutient ! »
Et même une question revenait régulièrement :
« Mais quand a eu lieu l’élection ? »
Ah…
Cette question, forcément, je l’avais déjà imaginée.
J’avais essayé de m’y préparer.
Parce que je savais qu’un jour quelqu’un allait me demander :
« Mais pourquoi on ne savait pas ? Si on avait su, on serait venus te soutenir. »
Et finalement, je crois que c’est cette bienveillance qui m’a permis d’avancer.
Je me suis dit qu’il fallait peut-être que je fasse davantage de vidéos.
Que je parle de moi.
Que j’explique mon parcours.
Que les personnes qui ne me connaissent pas puissent découvrir la femme derrière la couronne.
Et là…
Nouvelle difficulté. 😂
Moi, faire des vidéos ?
Je ne suis pas influenceuse.
Je ne suis absolument pas à l’aise avec ça.
Partager trois photos avec une petite légende, ça va.
Mais prendre mon téléphone, me filmer, parler face caméra et essayer d’expliquer qui je suis…
Ça, c’était une autre histoire.
Alors j’ai essayé.
J’essaie encore.
Je fais de mon mieux.
Je cherche mes mots.
Je recommence parfois.
Mais j’apprends.
Et lorsque le comité a repartagé l’une de mes vidéos, j’étais vraiment heureuse.
Parce qu’au-delà du partage, cela m’a permis de parler ouvertement de cette nomination et de ce qui pouvait sembler, pour certains, un peu flou ou tabou.
Et finalement, parler m’a aidée.
À passer à autre chose.
À me montrer davantage.
À prendre progressivement confiance dans cette nouvelle place.
Mais comme dans toute belle histoire…
le bonheur arrive souvent avec une petite touche de piment. 😂
Et mon piment à moi allait s’appeler :
les sponsors.
Parce qu’une couronne, c’est magnifique.
Une écharpe aussi.
Mais derrière tout ça, il y a des dépenses bien réelles.
Les vêtements.
Les photos.
Les déplacements.
La communication.
La préparation de l’élection nationale prévue en janvier.
Et surtout, tout ce que je devais financer moi-même.
Alors j’ai commencé à envoyer des mails.
Encore des mails.
Et encore des mails.
À des entreprises.
À des petites structures.
À de grandes entreprises.
Et là, j’ai découvert une réalité à laquelle je ne m’attendais pas :
trouver des sponsors en Martinique, ce n’est pas si simple.
Je comprends qu’une entreprise ne puisse pas forcément aider.
Je comprends qu’elle ait ses propres priorités.
Mais quand les réponses ne viennent pas, quand les mails restent sans réponse, quand tu dois tout gérer seule…
Tu commences forcément à te demander :
« Comment je vais faire ? »
Parce que moi, je dois gérer mes tenues.
Mes photos.
Mes déplacements.
Ma communication.
Et préparer une aventure nationale.
J’avais pris la décision de me lancer, alors oui, j’assume mes choix.
Mais je n’avais pas imaginé que cette partie serait aussi difficile.
Alors, à un moment, je me suis dit :
« Ce n’est pas grave. »
Si personne ne veut être mon sponsor…
je serai mon propre sponsor.
Parce que j’ai peut-être beaucoup de défauts, beaucoup de doutes et parfois beaucoup de questions…
Mais j’ai aussi un mental d’enfer.
Et pourtant, il y a une chose qui me rend triste.
On entend souvent dire :
« Les jeunes n’osent plus. »
« Les jeunes ne font rien. »
« Les jeunes ne se lancent pas. »
Mais parfois, j’ai envie de poser une autre question :
Ils sont où, quand les jeunes osent justement se lancer et demandent simplement un peu d’aide ?
Parce que parfois, on ne demande pas qu’on fasse les choses à notre place.
On demande simplement qu’on nous aide à aller un peu plus loin.
Et moi, malgré les portes qui restent fermées, je vais continuer à frapper.
Parce que cette aventure, je l’ai commencée seule…
mais je compte bien aller le plus loin possible.
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