N° 288 jeudi 15 octobre 2026

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Société

Une fillette exclue d'un match de football par des garçons : jusqu'où intervenir ?

Une grand-mère s'interroge sur la réponse à apporter à l'exclusion de sa petite-fille par un groupe de garçons qui lui refusent l'accès à leur partie de football. Le père envisage de saisir la directrice de l'école, mais la grand-mère doute qu'imposer sa présence soit la bonne solution.

Une fillette exclue d'un match de football par des garçons : jusqu'où intervenir ?
A Group of Boys Won’t Let My Granddaughter Play Soccer With Them. Help!

Une grand-mère se demande comment réagir après que sa petite-fille s'est vu refuser l'accès à un match de football informel par un groupe de garçons sur le terrain de l'école. Le père de l'enfant envisage de porter l'affaire devant la directrice de l'établissement, mais la grand-mère exprime des réserves sur cette approche, estimant qu'il n'est jamais souhaitable d'imposer sa compagnie à autrui.

La situation, rapportée dans une rubrique de conseils, met en lumière un dilemme éducatif fréquent : faut-il intervenir institutionnellement lorsqu'un enfant est exclu d'un jeu collectif, ou faut-il privilégier l'apprentissage de l'autonomie et de la résilience ? Le père de la fillette penche pour une intervention de l'école, tandis que la grand-mère, plus sceptique, souligne que forcer les autres enfants à intégrer sa petite-fille pourrait ne pas produire les effets escomptés.

Ce type d'exclusion, bien que courant dans les cours de récréation, soulève des questions plus larges sur la mixité dans les activités sportives et sur la manière dont les adultes encadrent les interactions entre enfants. Les garçons invoquent souvent des raisons implicites, comme la préférence pour un jeu entre pairs du même sexe, sans que cela relève nécessairement d'une hostilité délibérée. Pour la fillette concernée, l'enjeu dépasse cependant la simple partie de football : il touche à sa place dans l'espace public et à la reconnaissance de sa légitimité à participer.

Les spécialistes de l'éducation interrogés dans ce type de situation recommandent généralement d'écouter d'abord l'enfant pour comprendre comment il vit l'exclusion, avant d'envisager une action. Une intervention directe auprès de l'école peut être justifiée si l'exclusion est systématique ou si elle s'accompagne de moqueries ou de violences. Dans les cas plus ponctuels, encourager l'enfant à proposer lui-même une alternative, comme organiser un autre jeu ou rejoindre un groupe différent, peut renforcer son sentiment de compétence sociale.

La grand-mère, dans son témoignage, ne rejette pas l'idée que sa petite-fille ait sa place sur le terrain. Elle s'interroge plutôt sur la méthode : obtenir une intégration par la contrainte risque de créer des tensions durables avec les garçons concernés, voire d'exposer davantage l'enfant à leur hostilité. Elle préférerait que sa petite-fille trouve des espaces où sa participation est réellement bienvenue, tout en continuant à affirmer son droit à jouer.

Le débat reflète une tension plus profonde entre deux conceptions de l'éducation : celle qui privilégie la protection immédiate et l'égalité d'accès, et celle qui mise sur l'apprentissage progressif des rapports de force sociaux. Dans les deux cas, l'objectif reste le même : que la fillette ne renonce ni au sport ni à sa confiance en elle. La réponse à apporter dépendra sans doute moins d'un principe général que de la manière dont l'exclusion est vécue par l'enfant et de sa capacité à trouver, avec l'aide des adultes, une stratégie qui lui convienne.

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Cédric Vidal

Auteur

Correspondant international

Cédric Vidal couvre pour Nacrée l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.