N° 250 lundi 7 septembre 2026

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Société

ZEvent 2026 transforme une dernière nuit en record de solidarité

Avec 32 891 874 euros collectés pour 22 associations, l’ultime ZEVENT montre la force d’une générosité faite à la fois de petits dons, de communautés et de grands coups d’éclat.

ZEvent 2026 transforme une dernière nuit en record de solidarité
Photo d’archive : Mickaël Schauli / Wikimedia Commons, ZEVENT 2025

À la fin, il ne restait plus qu’un compteur et des milliers de personnes qui le regardaient grimper. Dans la nuit du 6 au 7 septembre, le ZEVENT 2026 s’est achevé à 32 891 874 euros de dons. Le montant constitue un record pour le marathon caritatif français et donne à sa dernière édition une dimension presque irréelle : en une décennie, une réunion de streamers devenue phénomène national a fait de la générosité en direct un rendez-vous de masse.

La somme finale est presque deux fois supérieure au record de clôture de 2025. Elle sera répartie au profit de 22 associations qui ont déjà bénéficié du ZEVENT au cours de son histoire. Santé, lutte contre la précarité, aide humanitaire, environnement : la liste rassemble notamment la Ligue contre le cancer, le Secours populaire, Action contre la faim, Amnesty International France et la LPO. La Fondation de France gère la collecte et le suivi des projets financés.

Ce qui frappe dans le bilan, ce n’est pas seulement la taille du chiffre. Plus de 1,7 million de dons ont été enregistrés. Le résultat repose donc sur une multitude de gestes, parfois très modestes, répétés pendant plus de cinquante heures de direct. La générosité du ZEVENT a longtemps fonctionné ainsi : un euro pour participer à un défi, quelques euros pour franchir un palier, puis des montants bien plus élevés qui arrivent au fil des soirées.

Cette année, la dynamique a aussi été portée par des opérations spectaculaires. Mastu a dépassé 5,3 millions d’euros sur sa cagnotte individuelle grâce notamment à une grande tombola. Des lots inhabituels ont circulé : des maillots signés, des disques certifiés, un script de Christopher Nolan, des objets liés au cinéma ou au sport. Domingo a de son côté approché les 4,7 millions d’euros.

Des artistes et personnalités ont également amplifié le mouvement. Bigflo et Oli ont versé 100 000 euros. Gims a contribué à hauteur de 50 000 euros et offert un disque de platine. Ces gestes très visibles comptent, mais ils cohabitent avec les centaines de milliers de petits dons qui donnent au ZEVENT son caractère particulier : une collecte où l’on peut participer sans appartenir au cercle des grands donateurs.

L’événement a grandi en même temps que ses publics. En 2016, la première édition avait récolté environ 170 770 euros. Elle réunissait une petite équipe dans un cadre encore artisanal. En 2026, près de 340 créateurs ont été mobilisés, presque 90 sur place à Montpellier et environ 200 à distance. Entre les deux, Twitch est passé d’une culture encore spécialisée à une place centrale dans le quotidien de nombreux jeunes adultes et adolescents.

Le ZEVENT a aussi contribué à rendre le don plus visible et plus social. Donner ne se fait plus seulement face à un formulaire silencieux : les participants voient immédiatement le compteur bouger, entendent un streamer remercier sa communauté, partagent un objectif avec des milliers d’autres personnes. Le geste individuel devient une séquence collective.

Cette dimension explique peut-être pourquoi le dernier week-end a dépassé toutes les attentes. La fin annoncée du format a transformé la collecte en rendez-vous d’adieu. Mais après plus de 90 millions d’euros réunis en dix éditions, l’héritage dépasse largement le compteur final. Les associations continueront à financer leurs actions avec ces dons, tandis que les communautés de créateurs disposent désormais d’un modèle éprouvé pour se mobiliser autrement. Le ZEVENT s’arrête ; la culture du don qu’il a popularisée sur les plateformes, elle, a déjà essaimé.

Élodie Rivière

Auteur

Journaliste société

Élodie Rivière couvre pour Nacrée l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.