La ministre des Sports, Marina Ferrari, a exprimé son soutien à une candidature conjointe de la France et de l'Allemagne pour l'organisation de la Coupe du monde de football en 2038. Interrogée jeudi 23 juillet sur Sud Radio, elle a estimé qu'une telle initiative serait « une belle opportunité » pour les deux pays, quarante ans après le premier titre mondial décroché par l'équipe de France en 1998.

Cette déclaration intervient dans un contexte où la Fédération internationale de football (FIFA) encourage de plus en plus les candidatures multiples, comme l'ont montré les éditions récentes. La Coupe du monde 2026 sera organisée conjointement par les États-Unis, le Canada et le Mexique, tandis que celle de 2030 se déroulera sur trois continents, avec le Maroc, l'Espagne et le Portugal comme hôtes principaux, auxquels s'ajouteront l'Argentine, l'Uruguay et le Paraguay pour les matchs du centenaire.

La ministre n'a pas précisé les modalités concrètes d'une éventuelle candidature, mais a souligné l'importance de la coopération transfrontalière dans le sport. « La France et l'Allemagne ont une longue tradition de collaboration, et organiser ensemble un événement mondial comme la Coupe du monde serait un symbole fort », a-t-elle déclaré. Elle a également rappelé que les deux pays disposent d'infrastructures de qualité, ayant déjà accueilli de grandes compétitions internationales.

La France a organisé la Coupe du monde en 1938 et 1998, et a remporté le titre en 1998 et 2018. L'Allemagne, de son côté, a accueilli le tournoi en 1974 et 2006, et a été sacrée championne en 1954, 1974, 1990 et 2014. Une candidature commune pour 2038 s'inscrirait dans la continuité de cette histoire footballistique riche.

Cette proposition intervient également dans un contexte où la FIFA a ouvert la voie à des candidatures conjointes pour les éditions futures, afin de réduire les coûts et de partager les charges logistiques. La décision finale sur l'attribution de la Coupe du monde 2038 devrait être prise par le Conseil de la FIFA dans les années à venir, après un processus de candidature et d'évaluation.

Marina Ferrari a également évoqué les retombées économiques et sociales potentielles d'un tel événement. « Organiser la Coupe du monde, c'est aussi un levier pour le tourisme, l'emploi et le rayonnement international », a-t-elle souligné. Elle a toutefois insisté sur la nécessité de respecter des critères stricts en matière de développement durable et de droits humains, des préoccupations croissantes dans l'attribution des grands événements sportifs.

La ministre des Sports a par ailleurs rappelé que la France s'était déjà engagée dans une réflexion sur l'accueil de futures compétitions, notamment après le succès des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024. « Nous avons montré notre capacité à organiser des événements de grande envergure, et nous devons capitaliser sur cette expérience », a-t-elle ajouté.

Du côté allemand, aucune réaction officielle n'a été émise à ce stade, mais les responsables sportifs du pays ont souvent exprimé leur intérêt pour une candidature commune avec la France. En 2022, le président de la Fédération allemande de football (DFB), Bernd Neuendorf, avait évoqué la possibilité d'une candidature conjointe pour la Coupe du monde féminine 2027, avant que le tournoi ne soit attribué au Brésil.

L'idée d'une candidature franco-allemande pour 2038 s'inscrit dans une dynamique plus large de rapprochement entre les deux pays dans le domaine sportif. En 2023, les gouvernements français et allemand ont signé un accord de coopération renforcée dans le sport, visant à promouvoir les échanges entre les fédérations et à organiser conjointement des événements.

Si elle se concrétise, cette candidature serait la première du genre pour la Coupe du monde masculine de football, associant deux grandes nations européennes. Elle pourrait également servir de modèle pour d'autres compétitions, à l'heure où la FIFA cherche à diversifier les formats d'organisation.

Reste à savoir si la France et l'Allemagne parviendront à s'entendre sur les détails logistiques et financiers, et si d'autres pays se porteront candidats pour 2038. La compétition s'annonce serrée, avec des prétendants potentiels comme l'Arabie saoudite, qui a déjà manifesté son intérêt pour l'organisation du tournoi.