Le sénateur Les Républicains François-Noël Buffet, proposé par Emmanuel Macron pour devenir le prochain Défenseur des droits, a promis ce mercredi une « indépendance totale » dans l'exercice de ses futures fonctions. Devant les députés de la commission des lois de l'Assemblée nationale, il a également affirmé avoir « évolué » sur plusieurs questions sociétales, tentant de rassurer ses détracteurs alors que sa candidature suscite de vives critiques, notamment de la part des associations de défense des droits.

Auditionné pendant plusieurs heures, François-Noël Buffet a cherché à dissiper les inquiétudes liées à son parcours politique et à ses positions passées. Ancien avocat au barreau de Lyon, il a assuré aux députés avoir « veillé », tout au long de sa carrière, « à ce que les libertés individuelles ou les libertés publiques soient parfaitement respectées ». Cette déclaration visait à répondre aux craintes exprimées par la gauche et plusieurs organisations, qui redoutent que sa nomination ne compromette l'indépendance de l'institution.

La gauche s'est montrée particulièrement hostile lors de cette audition, en raison des positions historiques de François-Noël Buffet sur des sujets de société sensibles. Le sénateur s'était opposé par le passé au mariage pour tous, à l'extension de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes, et avait exprimé des réserves sur l'inscription de l'interruption volontaire de grossesse (IVG) dans la Constitution. Face aux députés, il a reconnu avoir « évolué » sur ces questions, sans pour autant donner de détails précis sur l'ampleur de ce changement.

Cette opération de déminage, menée sous les projecteurs de l'Assemblée nationale, a eu un succès mitigé. Si certains députés de la majorité présidentielle ont salué sa promesse d'indépendance, les élus de gauche ont maintenu leurs réserves, estimant que ses déclarations ne suffisaient pas à garantir une rupture nette avec ses positions antérieures. Les associations, qui avaient exprimé leur « grand dam » face à sa proposition par Emmanuel Macron, restent vigilantes quant à la capacité du sénateur à incarner une institution censée protéger les droits et libertés des citoyens.

Le poste de Défenseur des droits, créé en 2011, est une autorité constitutionnelle indépendante chargée de veiller au respect des droits et libertés par les administrations publiques et les entreprises privées. La nomination de François-Noël Buffet, si elle est confirmée par le Parlement, marquerait un tournant dans la direction de cette institution, après le mandat de Claire Hédon, dont l'approche avait été jugée plus progressiste. Le sénateur devra encore convaincre les commissions des lois des deux chambres, qui voteront sur sa candidature dans les prochaines semaines.

Au-delà des questions sociétales, François-Noël Buffet a également insisté sur son engagement en faveur des libertés publiques, rappelant son expérience d'avocat et son travail parlementaire sur des textes liés à la sécurité et à la justice. Il a promis de défendre « sans faille » les droits fondamentaux, tout en reconnaissant que le Défenseur des droits devait rester « à l'écoute de toutes les sensibilités ». Cette déclaration n'a pas suffi à apaiser les tensions, la gauche dénonçant une « candidature politique » qui risquerait de politiser l'institution.

L'issue de cette nomination reste incertaine. Si la majorité présidentielle dispose des voix nécessaires pour valider la candidature au sein de la commission des lois, l'opposition de gauche pourrait tenter de bloquer le processus en saisissant le Conseil constitutionnel ou en multipliant les débats dans l'hémicycle. En attendant, François-Noël Buffet poursuit sa campagne de séduction, promettant une « indépendance totale » qui, pour ses détracteurs, reste à prouver.