Gaël Monfils aborde la dernière ligne droite de sa carrière avec une sensibilité à fleur de peau. Attendu ce 3 août à Montréal pour ce qui constituera sa dernière participation au tournoi canadien, le tennisman français, âgé de 39 ans, s'est livré en conférence de presse sur la difficulté à gérer les émotions qui accompagnent ses derniers mois sur le circuit professionnel.
« Je n'ai pas envie de partir », a-t-il lancé, dans des propos relayés par Eurosport. Une phrase forte, qui dit tout le paradoxe d'un joueur arrivé au bout du chemin mais pas encore prêt à refermer le livre. Le Français reconnaît vivre cette période avec une intensité qu'il n'avait pas imaginée. Sa « dernière danse », comme la surnomment désormais les médias sportifs, se révèle plus éprouvante que prévu.
« C'est plus dur que je ne le pensais », a-t-il ainsi admis, alors que chaque match et chaque déplacement prennent une saveur particulière. Le joueur a notamment évoqué l'hommage qui lui a été rendu à Roland-Garros en mai dernier. Un moment fort, chargé d'une émotion dont il a du mal à se remettre, et qui a donné le ton d'une saison placée sous le signe des adieux. Cet hommage, vécu devant son public, a résonné comme un premier au revoir et rendu la suite de son parcours encore plus chargée de sens.
Ce rendez-vous de Montréal n'a rien d'anodin dans le parcours du Français. Le Masters 1000 canadien a toujours entretenu une relation particulière avec Gaël Monfils, faite de spectacle et de complicité avec un public connaisseur. Comme le rappelle L'Équipe, le showman donnait énormément à la foule montréalaise, qui le lui rendait au centuple. « Gaël en donnait à la foule et la foule était capable de lui rendre », résume le quotidien sportif, à propos d'un lien unique tissé au fil des ans. Cette complicité rare explique pourquoi l'adieu montréalais revêt une telle importance à ses yeux.
Sur les courts canadiens, le Français a toujours trouvé une atmosphère singulière, faite de ferveur et de générosité, qui correspondait parfaitement à son tempérament de showman. Son ultime passage au Canada s'annonce donc comme un adieu spécial, à la mesure de l'affection que le public lui a toujours témoignée. Les amateurs de tennis québécois attendent avec une attention particulière celui qui, des années durant, a animé le tournoi de ses coups d'éclat et de sa joie communicative.
À 39 ans, Gaël Monfils continue d'écrire les dernières lignes d'une carrière hors norme, marquée par un style spectaculaire et une générosité rare. Longtemps figure de proue du tennis français, il traverse cette transition avec une lucidité touchante, conscient que chaque apparition sur le court peut être la dernière. Sa présence à Montréal, où il a toujours été chaleureusement accueilli, illustre l'attachement sincère et réciproque entre le joueur et le public québécois.
Reste à savoir comment le Français vivra ce dernier tournoi et s'il parviendra à offrir, une dernière fois, l'un de ces moments de magie dont il a le secret. Quoi qu'il advienne, cette édition du Masters 1000 de Montréal restera marquée par la présence d'un champion qui ne voulait pas partir.



