Le coureur belge Remco Evenepoel a laissé exploser sa frustration ce samedi 25 juillet, quelques instants après avoir franchi la ligne d’arrivée de la 20e étape du Tour de France à l’Alpe d’Huez. Alors qu’il venait de prendre la deuxième place de cette étape reine, le leader de l’équipe Soudal Quick-Step s’en est pris verbalement à son attaché de presse, visiblement ravi du résultat. « Pourquoi tu célèbres? Arrête ton cinéma! », a-t-il lancé, dans une séquence filmée et largement partagée sur les réseaux sociaux.

Evenepoel, qui espérait décrocher une victoire d’étape sur ce Tour 2026, a dû s’incliner face à l’Équatorien Richard Carapaz. Ce dernier, déjà vainqueur quelques jours plus tôt, a signé un doublé en s’imposant au sommet de la mythique montée alpine. Carapaz, porteur du maillot à pois de meilleur grimpeur, a confirmé son statut d’homme fort de la troisième semaine en réglant au sprint un groupe de favoris réduit par la pente sévère des vingt et un lacets.

Le Belge n’a pas caché son amertume après l’arrivée. Sa réaction, filmée par une caméra de télévision, montre un échange tendu avec un membre de son staff, qui tentait de le féliciter. « Tu trouves que c’est une raison de célébrer? » a-t-il ajouté, avant de s’éloigner. L’attaché de presse, visiblement surpris, n’a pas répondu. Ce moment, relayé par les médias français, a suscité de nombreuses réactions, certains saluant la passion du coureur, d’autres jugeant la réaction disproportionnée.

Sur le plan sportif, cette 20e étape a surtout permis à Tadej Pogacar de consolider son maillot jaune. Le Slovène, qui contrôle le classement général depuis la première semaine, n’a pas pris de risques et a terminé dans le groupe des favoris, sauf incident majeur. Pogacar s’apprête à remporter son troisième Tour de France, une performance qui le hisse parmi les plus grands champions de l’histoire. Evenepoel, lui, pointe à la troisième place du général, mais son objectif affiché était une victoire d’étape, objectif qui lui échappe encore.

Richard Carapaz, pour sa part, savourait son succès. « On mérite ce qui nous arrive », a-t-il déclaré après l’arrivée, visiblement ému. L’Équatorien, vainqueur du Giro en 2019, a désormais trois victoires d’étape sur la Grande Boucle, dont deux en trois jours lors de cette édition. Il est assuré de remporter le maillot à pois de meilleur grimpeur, une récompense qui vient couronner une saison remarquable.

L’incident impliquant Evenepoel soulève la question de la pression qui pèse sur les coureurs dans les dernières étapes d’un Grand Tour. À la veille de l’arrivée sur les Champs-Élysées, les nerfs sont à vif. Le Belge, connu pour son caractère entier, a déjà eu par le passé des accès de colère après des résultats jugés insuffisants. Cette fois, son emportement a pris pour cible un membre de son équipe qui n’est pas directement responsable de sa performance, ce qui a surpris les observateurs.

Dans le monde du cyclisme, les réactions émotionnelles ne sont pas rares, mais celle-ci a particulièrement marqué par son contexte: au sommet de l’Alpe d’Huez, lieu mythique où les coureurs livrent des duels épiques. Evenepoel, malgré sa déception, reste un prétendant sérieux aux grands tours à venir. Son équipe a d’ailleurs tenu à minimiser l’incident, indiquant que tout était rentré dans l’ordre après l’arrivée.

La 21e et dernière étape, ce dimanche, mènera le peloton jusqu’à Paris. Tadej Pogacar sera officiellement sacré, tandis que Richard Carapaz défendra son maillot à pois. Remco Evenepoel, lui, tentera de finir sur une note positive, même si sa frustration palpable laisse penser qu’il visera déjà les prochains objectifs de la saison.