N° 276 samedi 3 octobre 2026

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Technologie

Delhi réduit de moitié les pertes de son réseau électrique

En une vingtaine d'années, la capitale indienne est passée d'un réseau défaillant, miné par la fraude et les pertes techniques, à un système de distribution modernisé, plus fiable et mieux géré.

Delhi réduit de moitié les pertes de son réseau électrique
Fixing a Power Grid That Loses Over Half Its Power to Inefficiency and Theft

La ville de Delhi, qui compte plus de vingt millions d'habitants, a réussi à transformer un réseau électrique autrefois défaillant en un système de distribution de premier ordre. Au début des années 2000, plus de la moitié de l'électricité produite pour la capitale indienne était perdue à cause d'inefficacités techniques, de dysfonctionnements administratifs et de vols massifs. Un niveau de pertes qualifié de stupéfiant, alimenté par des problèmes qui se renforçaient mutuellement.

Le point de départ était sombre : un réseau constamment surchargé, des contrôles et des protections quasi inexistants, des relevés imprécis, une administration inefficace, l'absence de moyens pour détecter les pannes, les gaspillages ou les fraudes, une application des règles très faible et une main-d'œuvre insuffisamment formée. À l'échelle de dizaines de millions d'habitants, ces pertes n'avaient rien d'anecdotique. Elles pesaient sur la qualité du service, sur les finances du secteur et sur la vie quotidienne des usagers.

La modernisation n'a pas reposé sur une solution unique. Elle a exigé des ressources techniques, des équipements modernes, une volonté politique, une planification experte, de la constance dans l'exécution et une véritable autorité de supervision. L'un des principes clés d'un réseau efficace est l'équilibre entre puissance active et puissance réactive. Mal géré, cet équilibre provoque des pertes et des coupures qui, à leur tour, aggravent les pertes et les coupures, le système ne parvenant jamais à rattraper la demande.

Parmi les mesures engagées, certaines étaient simples mais décisives. Le remplacement des fils aériens nus par des câbles isolés contenant plusieurs conducteurs a rendu le réseau plus sûr et plus résistant, tout en compliquant considérablement les branchements illégaux. Faciliter le paiement de factures exactes a également contribué à améliorer la situation : il est plus facile de fidéliser des clients légitimes lorsque le produit et le service sont fiables.

La lutte contre la fraude a été un volet central. Les vols étaient le fait, selon l'analyse, aussi bien de personnes puissantes que de ménages modestes, ce qui rendait le problème à la fois technique, économique et social. Sans moyens de détection ni application réelle des règles, les pertes administratives s'ajoutaient aux pertes techniques. La remise à niveau a donc supposé de mieux mesurer, de mieux facturer et de mieux contrôler.

Le résultat est là : le réseau de distribution de Delhi fonctionne aujourd'hui bien mieux qu'au début des années 2000, même s'il reste des améliorations à apporter. Cette transformation montre qu'un système électrique dégradé peut être redressé lorsqu'il est traité comme un enjeu à la fois technique, administratif et politique. Elle rappelle aussi que la fiabilité de l'électricité ne dépend pas seulement des centrales, mais de toute la chaîne de distribution, de la maintenance et de la relation avec les usagers.

Pour les grandes métropoles confrontées à des défis similaires, l'expérience de Delhi offre un enseignement utile : les pertes massives ne sont pas une fatalité. Elles peuvent reculer lorsque les investissements matériels s'accompagnent d'une gestion rigoureuse, d'une volonté de changement durable et d'une coopération entre acteurs publics, opérateurs et habitants.

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Florence Barbier

Auteur

Rédactrice culture

Florence Barbier couvre pour Nacrée l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.