La NASA fait appel aux skieurs de randonnée pour mesurer la neige
L'agence spatiale américaine cherche à recruter des skieurs de backcountry pour collecter des données sur le manteau neigeux, en utilisant leur sonde à avalanche comme instrument de mesure scientifique.
La NASA lance un appel aux skieurs de randonnée et aux pratiquants de backcountry pour l'aider à mesurer la neige. L'agence spatiale américaine souhaite s'appuyer sur ces passionnés de montagne, déjà équipés d'une sonde à avalanche, pour recueillir des données précises sur le manteau neigeux dans des zones difficiles d'accès.
La plupart des personnes qui s'aventurent en montagne emportent déjà une sonde à avalanche, une perche de cinq à six mètres qui se replie comme une tige de tente. Cet outil de sécurité, utilisé pour localiser une victime ensevelie, peut aussi servir à mesurer l'épaisseur et la structure de la neige. La NASA entend donc transformer cet équipement courant en instrument de collecte scientifique à grande échelle.
L'objectif est de mieux comprendre l'évolution du manteau neigeux, une donnée cruciale pour la gestion des ressources en eau, la prévision des avalanches et le suivi du changement climatique. Les mesures effectuées par les skieurs permettraient de compléter les observations satellitaires, souvent limitées par la résolution ou la couverture nuageuse. En associant des relevés de terrain à des données spatiales, les chercheurs pourraient affiner leurs modèles.
Les zones de backcountry, éloignées des stations et des routes, sont particulièrement intéressantes pour les scientifiques. Elles sont rarement instrumentées et les relevés y sont coûteux à organiser. Les skieurs qui les parcourent régulièrement peuvent donc fournir des informations précieuses, à condition de suivre un protocole simple et standardisé.
La NASA n'a pas encore détaillé les modalités exactes de cette collaboration, mais l'idée s'inscrit dans une tendance plus large de science participative. Des projets similaires existent déjà pour observer les oiseaux, les précipitations ou la qualité de l'air. Ici, il s'agit d'exploiter un geste déjà familier aux skieurs de randonnée : planter leur sonde dans la neige pour évaluer sa profondeur et sa cohésion.
Pour les pratiquants, l'enjeu est double. Ils contribueraient à une meilleure connaissance de leur terrain de jeu tout en renforçant leur propre sécurité, puisque la sonde est aussi un outil de sauvetage. La NASA pourrait ainsi constituer une vaste base de données sur la neige, alimentée par des utilisateurs répartis sur différents massifs.
Cette initiative intervient alors que les régions de montagne font face à des hivers de plus en plus irréguliers. La neige tombe parfois en abondance, puis fond rapidement, ce qui complique la gestion des stations de ski et l'approvisionnement en eau. Disposer de mesures fiables et fréquentes devient donc stratégique.
Reste à savoir combien de skieurs répondront à l'appel. La NASA devra sans doute proposer une application ou un formulaire simple pour saisir les données, afin de ne pas alourdir l'équipement ni l'attention des pratiquants. Mais l'idée de transformer une sonde de sécurité en outil de recherche montre comment la technologie et la science peuvent s'inviter dans des pratiques de plein air bien établies.
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