Le catalogue Altair 8800, vestige d'une révolution informatique
Le catalogue « The Age of Altair » de 1975, édité par MITS, témoigne de l'époque où l'ordinateur personnel est passé du fantasme à la réalité. Retour sur un document qui a fait rêver les premiers passionnés d'informatique.
Un catalogue de vente par correspondance peut parfois valoir plus qu'un manuel d'histoire. Le catalogue « The Age of Altair », publié en 1975 par MITS, la société fondée par Ed Roberts, est de ceux-là. Distribué à l'époque via les fameuses cartes-réponses des magazines, il présentait l'Altair 8800, considéré comme le premier ordinateur personnel véritablement accessible au grand public. Un document que les collectionneurs conservent aujourd'hui comme une relique.
Car en 1974, l'idée même de posséder un ordinateur relevait de l'utopie. Des revues comme Radio Electronics avaient bien publié des plans pour le Mark 8, mais celui-ci reposait sur un processeur 8008 limité et exigeait de rassembler soi-même des composants difficiles à trouver. Les rares machines existantes, comme le Kenbak-1 ou des mini-ordinateurs d'occasion, ne permettaient pas de commander un appareil neuf et livré chez soi sans disposer d'une fortune considérable. L'Altair 8800 a changé la donne en proposant un ordinateur vendu en kit ou assemblé, présenté en couverture du Popular Electronics de janvier 1975, en réalité mis en vente dès décembre 1974.
Le catalogue détaille une machine dont la configuration de base se résumait à un processeur entouré d'interrupteurs et de diodes électroluminescentes. Pour la rendre réellement utilisable, il fallait ajouter de la mémoire, dont le coût était alors prohibitif. Le processeur, cadencé à 2 MHz, affichait un temps de cycle de deux microsecondes, soit environ 500 kHz, une vitesse modeste qui s'explique par le nombre de cycles nécessaires à chaque instruction. La carte processeur utilisait ce qui allait devenir le bus S-100, un standard qui permit ensuite d'étendre la machine avec des cartes d'extension.
Le catalogue proposait plusieurs options de mémoire. La mémoire statique, plus rapide mais plus chère et de capacité limitée, stockait les bits dans des bascules. La mémoire dynamique, moins onéreuse et plus capacitaire, reposait sur de minuscules condensateurs et devait se rafraîchir régulièrement, ce qui amputait encore les performances déjà modestes du processeur. Pour interagir avec la machine, MITS commercialisait le terminal Comter 256, doté de 256 octets de stockage et d'un écran de 32 caractères seulement, ainsi qu'une solution plus sérieuse mais coûteuse, le TeleType Model 33, équipé d'un clavier et d'une imprimante fonctionnant à dix caractères par seconde, sans écran.
Côté logiciel, le catalogue mentionnait des versions de BASIC de 4K et 8K, ainsi qu'un BASIC « étendu » nécessitant 12K et offrant des calculs en double précision, l'instruction PRINT USING et des entrées-sorties sur disque. Une simple page listait les instructions du 8080 en binaire, laissant l'utilisateur face à un apprentissage ardu. Les prix, enfin, restaient élevés pour l'époque : environ 600 dollars pour l'ordinateur, avec une économie de près de 200 dollars en kit. Une carte mémoire de 1 kB coûtait 134 dollars assemblée, et le terminal TeleType atteignait 1 500 dollars. Malgré ces montants, l'Altair 8800 représentait une alternative bien plus abordable que tout ce qui existait alors, ouvrant la voie à une génération de passionnés et à l'industrie de la micro-informatique.
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