SunBooster, le clip USB-C qui diffuse un « soleil invisible » sur les écrans
SunLED lance un boîtier de 120 grammes à 249 dollars qui projette une lumière proche infrarouge à 850 nm depuis le bord d'un écran, avec capteur de présence et application de suivi. La start-up néerlandaise veut licencier sa technologie aux fabricants d'ordinateurs.
Une start-up néerlandaise propose de glisser une part de soleil sur le bord d'un écran d'ordinateur. SunLED commercialise le SunBooster, un boîtier de 120 grammes et 83 millimètres de diamètre, alimenté en USB-C, qui projette une lumière proche infrarouge à 850 nanomètres vers l'utilisateur. Cette longueur d'onde, invisible à l'œil nu, est celle qui sort d'une télécommande de télévision. L'appareil est vendu 249 dollars et a reçu un iF Design Award 2026 dans la catégorie médecine et santé.
L'idée est née d'un constat personnel. Anne Berends, scientifique spécialisée dans les nanomatériaux, a longtemps vécu la différence entre les quelque 1 600 heures d'ensoleillement annuelles d'Amsterdam et les près de 2 500 de Los Angeles. Plutôt que d'acheter une lampe, elle s'est demandé comment fixer un morceau de soleil sur l'écran devant lequel elle passe environ huit heures par jour. Elle a cofondé SunLED avec Ayhan Siriner, vétéran de l'industrie de l'éclairage, au sein du laboratoire de recherche Seaborough, à Amsterdam.
Le premier projet de l'entreprise ne ressemblait pas à un accessoire de bureau. SunLED voulait intégrer le proche infrarouge dans des luminaires de plafond, afin que des pièces entières reçoivent une dose sans que quiconque change ses habitudes. L'idée s'est heurtée à la physique : le proche infrarouge n'agit que sur la peau, et une lumière diffusée depuis trois mètres de hauteur se perd sur les murs. Anne Berends a résumé la puissance qu'il aurait fallu déployer en une formule : il aurait fallu, selon elle, une centrale nucléaire. Le produit est donc passé de l'architecture à la distance du bras, sur la surface que chacun fixe huit heures par jour.
Le SunBooster ne produit rien de perceptible : ni chaleur, ni lueur, ni bourdonnement. Au Mobile World Congress, l'équipe a dû prêter à des journalistes un viseur spécial pour prouver que le faisceau existait, tant les 850 nanomètres échappent à l'œil humain. Là où beaucoup d'entreprises auraient ajouté un témoin lumineux rassurant, SunLED s'en est abstenu. À la place, un capteur de présence vérifie que l'utilisateur se trouve entre 30 et 100 centimètres et coupe la lumière dès qu'il quitte le bureau. Une application enregistre l'exposition hebdomadaire après coup. Sur un bureau, l'objet ressemble davantage à une webcam égarée qu'à un gadget de bien-être, un choix assumé pour ne pas attirer l'attention en pleine réunion.
La science invoquée s'appuie sur une étude de l'université de Groningue, en double aveugle et contrôlée par placebo : les participants ont rapporté une meilleure humeur après une seule journée, l'effet étant le plus marqué en hiver, et davantage d'énergie après quatre semaines. Une autre étude, menée à l'université de Colombie-Britannique, a conclu qu'une exposition au proche infrarouge améliorait la stabilité émotionnelle lors de tâches cognitives exigeantes. Ces références distinguent le produit d'une catégorie souvent portée par des arguments plus intuitifs que documentés.
SunLED ne compte pas s'arrêter au boîtier autonome. L'entreprise a présenté des concepts intégrant les mêmes diodes, dont une coque de téléphone et un ordinateur portable dont le châssis de l'écran intègre le proche infrarouge. Elle cherche à licencier sa technologie à des fabricants de moniteurs et d'ordinateurs. Anne Berends a présenté l'ajout comme représentant environ le coût d'un abonnement Netflix dans la facture des composants d'un appareil. Si un grand fabricant adopte l'idée, le boîtier posé sur un écran cessera d'être un produit pour devenir une preuve de concept commercialisée avant l'heure.
Le SunBooster se distingue aussi des lampes contre la dépression saisonnière, devant lesquelles il faut s'installer comme pour purger une peine, et des panneaux de lumière rouge, qui mêlent rouge visible et proche infrarouge et imposent des séances chronométrées. L'appareil supprime le rituel comme le spectacle. Reste une limite que l'entreprise ne cache pas : l'effet réel sur un mois de février néerlandais reste difficile à évaluer pour qui vit sous un soleil généreux toute l'année. Ce que ses utilisateurs peuvent constater, c'est qu'il n'encombre pas le bureau, ce que peu de gadgets de bien-être parviennent à faire.
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