Le président américain Donald Trump a annoncé, ce week-end, la suspension des frappes américaines prévues contre l'Iran, à la demande de Téhéran et de plusieurs pays de la région, à condition qu'un accord soit rapidement conclu. Dans un message publié sur son réseau Truth Social, le locataire de la Maison-Blanche a précisé qu'Israël se joignait à lui dans cet engagement. « Sur la base de cette demande, j'ai accepté d'annuler l'attaque, sous réserve de pouvoir conclure rapidement un accord », a-t-il écrit.

Cette décision marque un net revirement après les menaces proférées vendredi par le président américain. Lors d'un Conseil des ministres, il avait prévenu qu'il était prêt à frapper la République islamique « très fort », évoquant des niveaux de « terreur militaire, de force et de puissance jamais vus depuis la Seconde Guerre mondiale ». « Malgré cela, nous venons d'être priés par l'Iran, et par d'autres pays du Moyen-Orient, de suspendre toute attaque », a-t-il expliqué.

Après des semaines de frappes réciproques, les négociations sont donc de nouveau à l'ordre du jour, au terme d'un week-end marqué par le chaud et le froid. Peu avant l'annonce, Washington avait appelé ses ressortissants à « envisager de quitter » le Moyen-Orient en raison d'une possible escalade du conflit régional. Selon des médias américains, dont CBS News, les États-Unis et Israël préparaient des frappes conjointes visant notamment les raffineries de pétrole et les centrales électriques iraniennes parmi les cibles possibles.

La guerre au Moyen-Orient a été déclenchée le 28 février par des frappes conjointes des États-Unis et d'Israël contre l'Iran, qui a riposté par des attaques de missiles et de drones dans la région. Malgré un protocole d'accord signé à la mi-juin pour ouvrir la voie à des pourparlers de paix, de nouvelles frappes réciproques ont eu lieu début et fin juillet. La perspective d'un accord reste désormais suspendue aux conditions strictes posées par le président américain: l'ouverture « complète et totale » du détroit d'Ormuz, voie de passage stratégique pour le transport maritime des hydrocarbures, ainsi qu'une fin de la menace nucléaire iranienne.

La décision de Donald Trump fait suite, selon Axios, à un appel du prince héritier saoudien Mohammed Ben Salmane, qui a exprimé ses inquiétudes concernant les projets de frappes américaines. Une source au fait de l'entretien a indiqué que le prince héritier avait « exhorté Trump à désamorcer la situation et à s'abstenir de lancer les frappes ». L'intervention de Riyad illustre les inquiétudes régionales suscitées par une nouvelle escalade du conflit.

De son côté, le secrétaire d'État américain Marco Rubio a jugé, dans un entretien à Fox News publié avant l'annonce présidentielle, que les capacités militaires de l'Iran avaient été amoindries et que les responsables iraniens étaient « disposés, et dans certains cas impatients », à conclure un accord sur la dénucléarisation. La suspension des frappes demeure toutefois strictement conditionnelle: si aucun accord n'est rapidement trouvé, le président américain laisse entendre qu'il pourrait revenir à l'option militaire. Les prochains jours seront décisifs pour savoir si cette trêve conditionnelle débouche sur un accord ou sur une reprise des hostilités.