Les pays du Golfe ont vivement condamné les frappes iraniennes menées samedi contre des infrastructures civiles au Koweït, en Jordanie et à Bahreïn, les qualifiant de « crimes de guerre » et de « violation du droit international ». Le Conseil de coopération du Golfe (CCG), qui regroupe l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Qatar, Oman, le Koweït et Bahreïn, a dénoncé des attaques ayant notamment touché une centrale électrique et de dessalement d’eau au Koweït, privant des milliers de foyers d’électricité et d’eau potable.
Ces frappes interviennent dans le cadre de la septième nuit consécutive d’affrontements entre les États-Unis et l’Iran, qui ont étendu le conflit au-delà des frontières irakiennes et syriennes. Téhéran a multiplié les tirs de missiles et de drones en direction de plusieurs monarchies du Golfe, visant des sites stratégiques civils. Selon les autorités koweïtiennes, l’attaque contre la centrale de dessalement a provoqué une interruption partielle de l’approvisionnement en eau dans la région de la capitale, Koweït City, tandis que des frappes en Jordanie ont endommagé des installations électriques près d’Amman.
Le CCG a appelé la communauté internationale à « prendre ses responsabilités » face à ce qu’il considère comme une escalade dangereuse. « Cibler délibérément des infrastructures civiles essentielles à la survie des populations constitue un crime de guerre au regard du droit humanitaire international », a déclaré un porte-parole de l’organisation dans un communiqué publié samedi soir. Les États membres ont également réaffirmé leur soutien à la « souveraineté et à l’intégrité territoriale » des pays touchés.
De son côté, Bahreïn a annoncé avoir repoussé une nouvelle attaque iranienne dans la nuit de samedi à dimanche, sans préciser la nature de la menace. Le royaume, qui abrite la cinquième flotte américaine, est régulièrement la cible de tirs de missiles balistiques et de drones depuis le début de l’offensive américaine contre l’Iran il y a une semaine. Les autorités bahreïnies ont renforcé la protection de leurs installations pétrolières et portuaires, tandis que les écoles et les administrations restent fermées par mesure de précaution.
Cette escalade régionale survient alors que le président libanais doit rencontrer Donald Trump à Washington en début de semaine, dans l’espoir d’obtenir une médiation américaine pour éviter un embrasement généralisé. Le Liban, déjà fragilisé par une crise économique et politique, craint d’être entraîné dans le conflit en raison de la présence du Hezbollah, allié de l’Iran, à sa frontière sud. Les discussions devraient porter sur un cessez-le-feu et sur la protection des civils.
Les frappes iraniennes ont également visé des positions américaines en Jordanie, où des soldats américains sont déployés dans le cadre de la coalition anti-Daech. Aucune perte humaine n’a été signalée dans ces attaques, mais les dégâts matériels sont importants. Washington a répliqué par de nouvelles frappes aériennes contre des sites militaires iraniens en Irak et en Syrie, poursuivant une campagne entamée après l’attaque du 13 juillet contre une base américaine en Irak, attribuée à des milices pro-iraniennes.
La communauté internationale suit avec inquiétude cette escalade, qui menace de déstabiliser l’ensemble du Moyen-Orient. L’Union européenne a appelé à « la retenue maximale » et à « un retour immédiat au dialogue », tandis que l’ONU a convoqué une réunion d’urgence du Conseil de sécurité pour tenter de désamorcer la crise. Les pays du Golfe, bien que proches des États-Unis sur le plan sécuritaire, cherchent à préserver leurs intérêts économiques et à éviter une guerre régionale qui pourrait perturber les approvisionnements énergétiques mondiaux.
Le Koweït, dont l’économie dépend fortement des exportations de pétrole, a déjà dû réduire sa production en raison des dommages causés à ses infrastructures portuaires. Les prix du brut ont bondi de plus de 5 % sur les marchés internationaux depuis le début des hostilités, alimentant les craintes d’une récession mondiale. Les pays du Golfe, qui sont les principaux producteurs de l’OPEP, tentent de coordonner une réponse pour stabiliser les marchés, mais la poursuite des frappes rend tout accord difficile.



