La guerre en Ukraine ne connaît pas de répit. Six personnes ont été tuées ce dimanche dans des zones occupées du pays et dans un village frontalier russe, ont annoncé les autorités locales russes, tandis qu’une autre personne a perdu la vie à Kharkiv dans une attaque russe, selon Kiev. Ces frappes interviennent au lendemain d’attaques qui ont fait vingt morts au total dans les deux pays, alors que le conflit entre dans sa cinquième année et que la diplomatie semble au point mort.

À Gorlivka, une ville de l’est de l’Ukraine sous contrôle russe, quatre personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées par une attaque de drone ukrainienne, a indiqué le maire Ivan Prikhodko sur Telegram. Dans la partie occupée de la région de Kherson, une autre personne est morte, selon les responsables installés par Moscou. Le village de Smorodino, dans la région frontalière de Belgorod, a également été touché: un homme a été tué par un drone, a précisé l’administration régionale. Dans la région de Koursk, trois personnes ont été blessées dans la ville de Rylsk.

Du côté ukrainien, le président Volodymyr Zelensky a annoncé qu’une attaque de drone russe sur des immeubles résidentiels à Kharkiv a fait « un mort et neuf blessés, dont deux enfants ». L’armée de l’air ukrainienne a rapporté que la Russie avait lancé huit missiles et cent trente-six drones dans la nuit. Selon le ministère russe de la Défense, cent trente-trois drones ont été interceptés dans différentes régions, notamment dans la région de Moscou et en Crimée annexée. La capitale ukrainienne a également été visée: « La capitale a été frappée par des missiles balistiques, et trois personnes ont été blessées », a ajouté Zelensky. Trois autres personnes ont été blessées dans l’est de l’Ukraine, selon les autorités locales.

Le week-end a été particulièrement meurtrier. Samedi, dans la partie occupée de la région de Zaporijjia, dans le sud du pays, le responsable installé par Moscou a affirmé qu’une attaque ukrainienne sur un « camp touristique » au bord de la mer d’Azov avait tué douze personnes, dont quatre enfants. Avec les victimes de dimanche, le bilan s’élève à au moins vingt morts en deux jours. Ces chiffres illustrent l’intensification des frappes des deux côtés, alors qu’aucune avancée diplomatique majeure n’est en vue.

Sur le plan diplomatique, le président du Kazakhstan, Kassym-Jomart Tokaïev, a estimé samedi que le conflit devait être « gelé », lors d’une rencontre avec Vladimir Poutine. Par ailleurs, Volodymyr Zelensky a affirmé que la Russie avait demandé à la Corée du Nord trente mille soldats supplémentaires pour l’aider à combattre l’Ukraine. Ni Moscou ni Pyongyang n’ont confirmé ou infirmé ces propos. Kiev appelle ses alliés à l’aide, tandis que la Corée du Sud adopte une position prudente, malgré ses collaborations avec l’OTAN. En parallèle, l’Ukraine teste de nouveaux drones navals équipés d’intercepteurs pour renforcer sa défense aérienne en mer Noire et sécuriser le corridor maritime essentiel à ses exportations de céréales.

Plus de quatre ans après le début de l’offensive russe à grande échelle, la guerre continue de faire un nombre croissant de victimes civiles. Les échanges de drones et de missiles se multiplient, et la perspective d’une solution négociée semble s’éloigner. Les habitants des zones frontalières et occupées paient le prix le plus lourd, pris dans des frappes quotidiennes qui ne laissent aucun répit.