Donald Trump a annoncé samedi la suspension de nouvelles frappes américaines contre l’Iran, affirmant que cette décision répondait à une demande de Téhéran et d’autres pays de la région. Le président des États-Unis a toutefois conditionné cette pause à la conclusion rapide d’un accord pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. L’annonce est intervenue quelques heures après avoir menacé de bombarder l’Iran avec une puissance « jamais vue depuis la Seconde Guerre mondiale ».
Dans une déclaration rapportée par plusieurs médias, Donald Trump a indiqué que Washington et Israël étaient convenus de suspendre les nouvelles frappes prévues contre la République islamique. Il a précisé qu’un éventuel accord avec l’Iran devrait inclure l’ouverture « complète et totale du détroit d’Ormuz, ainsi qu’une fin de la menace nucléaire iranienne ». Ces propos interviennent alors que le département d’État américain a appelé ses ressortissants à « envisager de quitter » le Moyen-Orient, en raison d’une possible escalade du conflit régional.
La version de la Maison Blanche est toutefois contestée à Téhéran. L’agence de presse iranienne Mehr, citant des responsables militaires, a qualifié dimanche les déclarations du président américain de « nouveau mensonge ». « Nos forces sont en état d’alerte maximale et prêtes à toute éventualité », a-t-elle ajouté. Une autre agence iranienne, Fars, a cité une source proche de l’équipe de négociation nucléaire pour affirmer que « tant que les États-Unis maintiendront leurs actions hostiles, le détroit d’Ormuz restera fermé ». Ces réactions contredisent directement la version d’une demande de pause venue de Téhéran.
Cette séquence diplomatique intervient dans un contexte de guerre régionale déclenchée le 28 février par une campagne de bombardements israélo-américains contre l’Iran. Le conflit a fait des milliers de morts dans la région. En représailles, l’Iran a verrouillé le détroit d’Ormuz, un passage stratégique par lequel transite en temps normal environ 20 % de la production mondiale d’hydrocarbures. La fermeture de ce détroit a provoqué de fortes perturbations dans l’économie mondiale. Les États-Unis ont ensuite instauré un blocus naval des ports iraniens.
La décision de suspendre les frappes marque un revirement dans la journée diplomatique américaine. Samedi, Donald Trump s’était dit prêt à bombarder l’Iran à des niveaux « de puissance jamais vus depuis la Seconde Guerre mondiale », avant de faire marche arrière dans la soirée. Les déclarations contradictoires de Téhéran et de Washington laissent planer le doute sur l’existence réelle d’une demande iranienne et sur la capacité des deux camps à s’entendre sur les conditions posées par la Maison Blanche. L’avenir du détroit d’Ormuz et du programme nucléaire iranien demeure en suspens.



