Mario Martone filme Naples à travers un appartement dans « Scherzetto »
Le nouveau long-métrage de Mario Martone, adapté du roman de Domenico Starnone, transforme un appartement napolitain en personnage central, avec Toni Servillo en figure du retour aux origines.
Le cinéaste italien Mario Martone revient avec « Scherzetto », un film adapté du roman de Domenico Starnone, dans lequel un appartement napolitain devient le véritable centre du récit. Porté par Toni Servillo, le long-métrage explore la mémoire et le retour aux lieux de l'enfance, où balcons, fenêtres et bruits de la ville façonnent un espace domestique chargé de souvenirs.
Dans ce film, Toni Servillo incarne un personnage qui retrouve l'appartement de son enfance à Naples. Loin d'être un simple décor, ce logement acquiert une présence narrative forte : les ouvertures sur la ville, les sons qui filtrent de l'extérieur et l'agencement des pièces participent pleinement à la construction du récit. La maison devient ainsi une mémoire cinématographique, où chaque recoin semble porter l'empreinte du passé.
Mario Martone, connu pour son attention aux territoires et aux visages, poursuit ici une réflexion sur l'identité et l'enracinement. En choisissant de faire de l'espace domestique le cœur du film, il déplace le point de vue : ce n'est plus seulement l'intrigue qui guide le spectateur, mais la manière dont un lieu peut contenir et révéler une histoire personnelle. Naples, avec ses ruelles, ses balcons et son animation sonore, devient un prolongement de l'âme du personnage.
L'adaptation du roman de Domenico Starnone s'inscrit dans une tradition littéraire et cinématographique qui interroge le poids des origines. Domenico Starnone, écrivain napolitain reconnu, explore souvent dans ses œuvres les tensions familiales et les traces laissées par le passé. Le choix de Toni Servillo, acteur fétiche du cinéma italien et lui-même profondément lié à Naples, renforce cette dimension intime et culturelle.
« Scherzetto » s'annonce donc comme une œuvre où l'architecture et les ambiances sonores jouent un rôle de premier plan. La maison, avec ses balcons ouverts sur la ville, devient un observatoire des transformations urbaines et des souvenirs enfouis. Le film devrait intéresser autant les amateurs de cinéma d'auteur que ceux qui suivent l'évolution du paysage napolitain à l'écran.
En confiant à un appartement le rôle de personnage principal, Mario Martone signe un geste cinématographique qui rappelle que les lieux ne sont jamais neutres : ils portent les traces de ceux qui les ont habités. Avec Toni Servillo, « Scherzetto » promet une plongée sensible dans une Naples à la fois intime et collective, où chaque bruit de la rue résonne comme un écho du passé.



