En Inde, un défenseur des droits des peuples autochtones a été arrêté dimanche 12 juillet après avoir manifesté contre un projet d'hôtel de luxe à proximité du parc national de Kaziranga, dans l'État d'Assam, à l'extrême-est du pays. L'ONG Survival International a dénoncé cette arrestation, qui intervient dans un contexte de tensions croissantes autour de l'exploitation touristique de cette région classée au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Le militant arrêté, Pranab Doley, fait partie de l'un des peuples autochtones qui vivaient autrefois sur les terres du parc avant d'en être expulsés et contraints de s'installer en périphérie. Selon les informations recueillies, la construction de ce nouvel établissement de luxe représente une nouvelle menace d'expulsion pour Pranab Doley et sa communauté, déjà fragilisée par des décennies de déplacements forcés.

Le parc national de Kaziranga, célèbre pour sa population de rhinocéros indiens à une corne, est un site protégé qui attire chaque année des milliers de touristes. Cependant, le développement d'infrastructures hôtelières à ses abords suscite de vives critiques de la part des défenseurs des droits humains et des organisations environnementales, qui dénoncent un processus de « gentrification touristique » au détriment des populations locales.

Les peuples autochtones de la région, notamment les communautés Mising et Karbi, entretiennent des liens ancestraux avec ces terres. Leur expulsion initiale du parc, justifiée par des impératifs de conservation de la faune, a déjà provoqué des traumatismes sociaux et économiques profonds. Aujourd'hui, ces communautés vivent dans des conditions précaires en bordure du parc, souvent sans accès adéquat aux services de base comme l'eau potable, l'électricité ou les soins de santé.

Le projet d'hôtel de luxe, dont les promoteurs n'ont pas été officiellement identifiés, s'inscrit dans une tendance plus large de développement touristique intensif dans le nord-est de l'Inde. Les autorités locales, qui cherchent à stimuler l'économie régionale par le tourisme, ont accordé des permis de construire controversés, suscitant l'inquiétude des organisations de défense des droits de l'homme.

Survival International, qui milite pour la protection des droits des peuples autochtones à travers le monde, a appelé les autorités indiennes à libérer immédiatement Pranab Doley et à suspendre le projet hôtelier. L'ONG souligne que les peuples autochtones ont le droit de vivre sur leurs terres ancestrales et de participer aux décisions qui les concernent, conformément à la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones.

L'arrestation de Pranab Doley n'est pas un cas isolé. En Inde, les défenseurs des droits des peuples autochtones et des communautés tribales sont régulièrement confrontés à la répression, notamment lorsqu'ils s'opposent à des projets d'infrastructure ou d'exploitation des ressources naturelles. Selon plusieurs rapports d'organisations de défense des droits humains, les lois indiennes sur la protection des forêts et des tribus sont souvent contournées au profit d'intérêts économiques.

Le gouvernement de l'Assam, dirigé par le parti au pouvoir, n'a pas encore commenté officiellement cette arrestation. Cependant, des sources locales indiquent que les autorités considèrent la manifestation comme illégale, arguant que le projet hôtelier respecte toutes les normes environnementales et légales en vigueur.

Cette affaire met en lumière les contradictions du modèle de développement touristique en Inde, où la préservation de la nature et les droits des communautés locales entrent souvent en conflit avec les intérêts commerciaux. Alors que le pays cherche à attirer davantage de visiteurs étrangers, la question de la justice sociale et environnementale reste un défi majeur pour les autorités.

L'ONG Survival International a promis de poursuivre sa campagne de soutien à Pranab Doley et à sa communauté, tandis que des manifestations de solidarité sont attendues dans les prochains jours à travers l'Inde et à l'international. La situation reste tendue dans la région de Kaziranga, où les habitants redoutent de nouvelles expulsions et une dégradation de leurs conditions de vie.