Un drone équipé d'un engin explosif a provoqué la suspension temporaire du trafic aérien à l'aéroport de Leipzig, dans l'est de l'Allemagne, dans la nuit du 4 au 5 août. L'incident, présenté comme « très grave » par plusieurs médias, touche un hub logistique stratégique pour l'Otan et l'acheminement de matériel militaire et civil vers l'Ukraine.

Le trafic a été interrompu pendant près de deux heures après la découverte d'un drone transportant un « engin explosif non identifié ». Selon le quotidien Bild, l'appareil se trouvait à proximité d'un avion-cargo ukrainien de type Antonov. Des images diffusées sur place semblent montrer un robot de déminage intervenant sur le tarmac.

Les enquêteurs ont également signalé qu'« un deuxième objet volant non identifié aurait percuté un avion-cargo après que celui-ci eut redécollé en raison de la fermeture préalable de la piste ». Selon des médias, l'appareil appartenait à la compagnie de logistique allemande DHL, qui n'a pas confirmé l'information. Il a pu atterrir à Hanovre, à environ 200 kilomètres de Leipzig, où « de légers dommages ont été constatés ». Une enquête est en cours pour faire la lumière sur ces faits.

L'aéroport de Leipzig/Halle occupe une place centrale dans le transport de biens militaires pour l'armée allemande et les alliés de l'Otan. Il sert également de base à Antonov Airlines et abrite le centre de tri européen de DHL Express, filiale de la poste allemande Deutsche Post. Cette position en fait un point de passage essentiel pour les livraisons destinées à l'Ukraine, que Berlin soutient activement depuis le début de l'invasion russe.

Ce n'est pas la première fois que le site se retrouve au cœur d'une affaire de sécurité. En juillet 2024, un colis avait pris feu dans le centre DHL avant son transport par avion. Le chef des renseignements intérieurs allemands avait alors ouvertement accusé Moscou d'être derrière l'incident. En septembre 2025, une ressortissante chinoise a été condamnée pour espionnage pour avoir transmis à l'ex-collaborateur d'un député d'extrême droite des informations sur des vols, des cargaisons et des passagers de l'aéroport, notamment liés au transport de biens militaires et à des personnes « ayant des liens avec une entreprise allemande d'armement ».

Les regards se tournent à nouveau vers la Russie. « Qui d'autre cela pourrait-il être? », a lancé l'ambassadeur ukrainien en Allemagne, cité par les médias. De son côté, un porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères a rappelé que « la Russie tente tous les jours, d'une manière ou d'une autre, par des moyens hybrides et des actions variées, d'exercer une influence ici en Allemagne, d'une façon qui vise à saper notre démocratie ». Il a toutefois précisé qu'il ne s'exprimait pas sur une implication russe « concernant ce cas précis ».

L'Allemagne accuse régulièrement Moscou d'être à l'origine de nombreux incidents de sabotage présumé, d'espionnage et d'intrusions de drones sur son territoire. Cet épisode de Leipzig s'inscrit dans ce contexte de menaces hybrides répétées, qui touchent aussi bien les infrastructures civiles que les sites sensibles liés à la défense. Les autorités n'ont pas encore établi officiellement l'origine du ou des drones impliqués, mais l'incident illustre la vulnérabilité des plates-formes logistiques européennes face à ce type d'actions.