Violences sexuelles dans les couvents : une journaliste brise le silence
Dans un podcast, la journaliste Monika Białkowska révèle l'ampleur des violences sexuelles et des abus au sein des congrégations religieuses féminines, un phénomène longtemps étouffé derrière les murs des couvents.
Des violences sexuelles et des abus de pouvoir se produisent également au sein des congrégations religieuses féminines. C'est ce que révèle la journaliste Monika Białkowska dans un épisode du podcast « Prześwietlenie », animé par Gina Szymańska. L'enquêtrice y décrit un phénomène longtemps ignoré, celui de sœurs victimes d'autres sœurs ou de leurs supérieures, dans un univers où la loi du silence reste la règle.
Selon les informations dévoilées dans ce podcast, les couvents féminins ne sont pas épargnés par les mécanismes d'emprise et de violence qui ont secoué l'Église ces dernières années. Monika Białkowska évoque des situations où des religieuses subissent des attouchements, des relations imposées ou des chantages affectifs et spirituels. Ces actes, commis par des consœurs ou par des responsables de communauté, restent très rarement signalés aux autorités ecclésiales ou civiles.
Le silence qui entoure ces drames s'explique par plusieurs facteurs. La vie cloîtrée, l'obéissance exigée des religieuses et la peur des représailles créent un environnement propice à l'omerta. Les victimes craignent de ne pas être crues, de voir leur vocation remise en cause ou d'être exclues de leur communauté. Les supérieures, quant à elles, disposent d'un pouvoir considérable sur la vie quotidienne et spirituelle des sœurs, ce qui rend la dénonciation particulièrement difficile.
La journaliste souligne que ces violences ne se limitent pas à des cas isolés. Elles s'inscrivent dans un système où la hiérarchie et la tradition pèsent lourdement sur la parole des femmes. Dans les congrégations, la culture du secret et la crainte du scandale ont longtemps primé sur la protection des victimes. Monika Białkowska insiste sur la nécessité de briser ce mur du silence, afin que les religieuses puissent parler sans craindre de perdre leur place ou leur foi.
Cette prise de parole intervient dans un contexte plus large de libération de la parole au sein de l'Église catholique. Ces dernières années, de nombreuses affaires de violences sexuelles ont été révélées, secouant les institutions religieuses à travers le monde. Pourtant, le cas des congrégations féminines reste largement méconnu, comme si les femmes religieuses étaient doublement invisibles : en tant que femmes et en tant que membres d'un ordre cloîtré.
Le podcast « Prześwietlenie » donne la parole à des victimes et à des spécialistes, et met en lumière des mécanismes de domination qui dépassent le cadre strictement sexuel. Il s'agit aussi de violences psychologiques, d'abus de pouvoir et d'emprises spirituelles. Monika Białkowska rappelle que ces faits sont punis par le droit canonique et par la loi civile, mais que leur traitement reste entravé par la peur et la honte.
Pour les victimes, sortir du silence est un parcours long et douloureux. Beaucoup choisissent de quitter les ordres, parfois après des années de souffrance. D'autres restent, par fidélité à leur vocation ou par crainte de l'avenir. La journaliste plaide pour une meilleure formation des responsables religieux, une écoute véritable des victimes et une transparence totale sur les sanctions prises.
Cette enquête rappelle que la lutte contre les violences sexuelles dans l'Église ne peut faire l'impasse sur les congrégations féminines. Derrière les murs des couvents, des femmes souffrent en silence. Leur parole, longtemps étouffée, commence à émerger. Reste à savoir si les institutions entendront cet appel et prendront les mesures nécessaires pour protéger les plus vulnérables.



