Santé des seniors : la sexualité ne connaît pas de « date de péremption »
Le gynécologue Maciej Jędrzejko rappelle que la vie intime ne s'arrête pas à la retraite et qu'elle peut même contribuer à la santé et au bien-être des personnes âgées.
La sexualité des seniors reste un sujet tabou, alors qu'elle pourrait jouer un rôle bénéfique pour la santé. C'est le message porté par le gynécologue Maciej Jędrzejko, qui insiste sur un point : il n'existe pas de « date de péremption » pour la vie intime. Selon lui, le besoin de proximité et de tendresse ne disparaît pas avec l'âge, et il peut même devenir un allié du bien-être physique et psychique.
Dans plusieurs de ses interventions, le médecin explique que l'arrêt de l'activité professionnelle ne marque en rien la fin de la vie sexuelle. La retraite, souvent perçue comme une période de repli, peut au contraire offrir un espace de liberté et de temps pour cultiver la relation à l'autre. Le désir et l'envie de contact intime peuvent persister bien au-delà de soixante ans, même si leur expression évolue avec le temps.
Le Dr Jędrzejko souligne que cette dimension de la vieillesse est encore trop souvent passée sous silence, alors qu'elle participe à la prévention et à l'équilibre général. La sexualité ne se limite pas à la jeunesse : elle accompagne le vieillissement et peut contribuer à maintenir un lien social et affectif essentiel. Pour les seniors, la possibilité de vivre une intimité épanouie relève autant de la santé que du droit à une vie pleine.
Cette prise de parole s'inscrit dans un contexte où les représentations de la vieillesse restent marquées par des stéréotypes. La société tend à invisibiliser les personnes âgées dans leur dimension désirante, comme si l'âge devait automatiquement mettre fin à toute forme de sensualité. Or, les professionnels de santé rappellent que l'activité sexuelle peut avoir des effets positifs sur le moral, la confiance en soi et même sur certaines fonctions physiologiques.
Le message du gynécologue vise donc à briser les idées reçues et à ouvrir le dialogue. Il ne s'agit pas de nier les changements liés à l'âge, mais de reconnaître que la sexualité peut s'adapter et perdurer. Pour les seniors, comme pour leurs proches et les soignants, parler de ces questions sans gêne permet de mieux accompagner cette période de la vie.
Enfin, cette réflexion rejoint une préoccupation plus large : celle du bien-être et de la dignité des personnes âgées. La santé sexuelle fait partie intégrante de la santé globale, et l'ignorer revient à nier une part de l'humanité des aînés. Le Dr Jędrzejko invite ainsi à considérer l'intimité non pas comme un privilège de la jeunesse, mais comme une composante possible et légitime du grand âge.
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