L’Argentine s’est qualifiée pour la finale de la Coupe du monde 2026 en battant l’Angleterre (2-1) mercredi 15 juillet, mais c’est surtout la manière dont les joueurs ont célébré cette victoire qui a retenu l’attention. À la fin de la rencontre, les joueurs de l’Albiceleste ont improvisé une minute de silence sur la pelouse, un geste clairement destiné à chambrer leurs adversaires anglais. Ce comportement, filmé et largement diffusé sur les réseaux sociaux, a rapidement suscité des réactions contrastées dans le monde du football.
La provocation ne s’est pas arrêtée là. Après le match, l’équipe argentine a brandi une banderole sur laquelle était inscrite la phrase « les Malouines sont argentines », en référence au conflit territorial qui oppose les deux pays depuis 1982. Ce geste, perçu comme une instrumentalisation politique du sport, a immédiatement déclenché une polémique. Le président argentin Javier Milei a pris ses distances avec cette initiative, déclarant que les joueurs n’avaient pas consulté le gouvernement avant d’afficher ce message. « Nous ne soutenons pas ce genre de revendications dans un cadre sportif », a-t-il affirmé dans un communiqué.
La Fédération internationale de football (Fifa) a ouvert une enquête pour déterminer si ces actes enfreignent ses règles sur la neutralité politique des compétitions. Selon plusieurs sources proches de l’instance, l’Argentine pourrait faire l’objet de sanctions, allant d’une amende à une exclusion de la finale, prévue dimanche 19 juillet contre l’Espagne. Cette affaire intervient dans un contexte où le Mondial 2026 a déjà été marqué par plusieurs incidents géopolitiques, comme le rappelle une chronique du journal La Croix, qui souligne la porosité croissante entre le football international et les tensions mondiales.
L’Angleterre, de son côté, a exprimé son mécontentement par la voix de son capitaine, qui a dénoncé un « manque de respect » envers son équipe et son pays. La fédération anglaise a officiellement protesté auprès de la Fifa, demandant des mesures fermes. Les supporters anglais, présents en nombre dans le stade, ont hué les joueurs argentins lors de la minute de silence, transformant l’hommage en un moment de tension.
Cette polémique éclipse en partie la performance sportive de l’Argentine, qui a dominé son adversaire dans un match serré. L’équipe sud-américaine, emmenée par ses stars offensives, a su faire la différence en seconde période, après une première mi-temps équilibrée. La qualification en finale est un exploit, mais les célébrations controversées risquent de ternir l’image de l’Albiceleste à l’approche du match décisif.
Le président Milei a également rappelé que la question des Malouines reste un sujet sensible en Argentine, mais qu’il n’appartient pas aux joueurs de football de s’en mêler. « Nous avons des canaux diplomatiques pour discuter de ce sujet », a-t-il insisté. La Fifa, de son côté, a promis une décision rapide, avant la finale, pour éviter que l’affaire ne prenne une ampleur encore plus grande.
En attendant, l’Argentine se prépare à affronter l’Espagne en finale, tandis que l’Angleterre disputera la petite finale contre la France, samedi 18 juillet. Ce dernier match sera également le dernier de Didier Deschamps à la tête des Bleus, après quatorze ans de mandat. Mais l’attention médiatique reste focalisée sur la polémique argentine, qui illustre une fois de plus comment le sport peut devenir le théâtre de rivalités historiques et politiques.



