L’avenir du banc de l’équipe d’Italie de football est plus incertain que jamais. Andrea Pirlo, pressenti pour prendre les rênes de la Nazionale, a officiellement retiré sa candidature dans un message publié sur les réseaux sociaux. « Depuis hier, je ne suis plus candidat au poste de sélectionneur de la Nazionale », a écrit l’ancien meneur de jeu, sacré champion du monde en 2006. Cette décision survient après des jours de polémiques liées à l’affaire dite « Fonbet-gate », dans laquelle le nom de Pirlo aurait été associé à des paris sportifs suspects, bien qu’il n’ait été mis en cause personnellement.

La fédération italienne de football (FIGC) se retrouve donc de nouveau contrainte de chercher un sélectionneur, et la situation pourrait empirer si Paolo Maldini, l’actuel directeur technique, venait à quitter son poste. Selon des sources proches du dossier, Maldini serait « prêt à s’en aller » face aux tensions internes et aux pressions médiatiques. Son départ ouvrirait un vide supplémentaire au sein de la structure technique de la Nazionale, déjà fragilisée par l’absence d’un entraîneur en titre.

Cette crise intervient alors que l’Italie prépare les qualifications pour la Coupe du monde 2026 et la Ligue des nations. Le nom de Roberto Mancini, qui avait mené l’Italie à la victoire à l’Euro 2021 avant de partir à la tête de l’Arabie saoudite, revient avec insistance dans les spéculations. Son expérience et sa connaissance du groupe pourraient en faire un recours de poids, même si son contrat actuel complique un retour immédiat.

D’autres pistes sont explorées. Raffaele Palladino, jeune entraîneur de la Fiorentina, séduit par son football offensif et sa capacité à gérer un vestiaire. Antonio Conte, libre depuis son départ de Tottenham, est également cité, même si son tempérament exigeant et son salaire élevé pourraient freiner les discussions. Enfin, une suggestion plus surprenante alimente les conversations: Giorgio Chiellini, ancien capitaine de la Nazionale et actuel responsable du développement au sein de la fédération, serait envisagé si Maldini quittait définitivement ses fonctions. Chiellini incarnerait une solution interne, mais son manque d’expérience sur un banc professionnel interroge.

Le feuilleton du sélectionneur italien dure depuis plusieurs mois. Après le départ de Luciano Spalletti, la FIGC avait multiplié les contacts sans succès, chaque piste se heurtant à des obstacles contractuels ou politiques. L’imbroglio actuel, avec le retrait de Pirlo et la menace de démission de Maldini, plonge la Nazionale dans une zone de turbulence à l’approche des matchs de septembre.

Les supporters italiens, déjà échaudés par l’absence de qualification pour la Coupe du monde 2022, redoutent un nouvel épisode de chaos sportif. La presse transalpine s’interroge sur la capacité de la FIGC à sortir de cette impasse. L’ancien attaquant Christian Vieri a déclaré sur les réseaux sociaux: « Il faut vite une solution, sinon on va perdre du temps précieux. »

Dans les coulisses, la fédération tente de calmer le jeu. Le président Gabriele Gravina aurait convoqué une réunion d’urgence pour la fin de semaine, avec l’objectif de clarifier la situation de Maldini et d’accélérer le choix du sélectionneur. Plusieurs noms sont sur la table, mais aucun consensus ne se dégage pour l’instant. La Nazionale, double championne du monde en 1934 et 1938, puis quadruple championne du monde en 1982, 2006, et vice-championne d’Europe en 2000, semble vivre l’une des périodes les plus troublées de son histoire récente.

L’issue de cette crise pourrait dépendre de la capacité des dirigeants à trancher rapidement. Si Maldini reste, une solution interne avec Chiellini est possible. S’il part, la piste d’un retour de Mancini ou d’un pari sur Palladino gagnerait en crédibilité. Dans tous les cas, l’Italie du football retient son souffle en attendant une annonce qui tarde à venir.