Le milieu de terrain argentin Giovani Lo Celso a déposé une banderole portant l’inscription « Les Malouines sont argentines » après la victoire de l’Albiceleste face à l’Angleterre en demi-finale de la Coupe du monde 2026, mercredi 15 juillet à Atlanta. Ce geste, immédiatement remarqué par les caméras et les réseaux sociaux, a ravivé un contentieux historique entre Buenos Aires et Londres, près de quarante-quatre ans après la guerre des Malouines.
La banderole, déployée alors que les joueurs célébraient leur qualification pour la finale, a suscité des réactions contrastées. D’un côté, une partie du public argentin y a vu un acte patriotique légitime, dans la lignée d’une revendication territoriale constante depuis 1833. De l’autre, des observateurs britanniques et internationaux ont dénoncé une politisation du sport, estimant que le football ne devrait pas être utilisé pour exprimer des revendications diplomatiques.
Ce n’est pas la première fois que le conflit des Malouines refait surface dans le cadre sportif. En 2022, déjà, des joueurs argentins avaient affiché des messages similaires après leur victoire en Coupe du monde au Qatar. La rivalité footballistique entre l’Argentine et l’Angleterre est d’ailleurs souvent teintée de références à ce conflit, qui a coûté la vie à 649 soldats argentins et 255 britanniques en 1982.
La demi-finale elle-même a été marquée par une rencontre serrée. L’Argentine s’est imposée 2-1 dans les dernières minutes, prolongeant la malédiction anglaise en Coupe du monde. L’Angleterre, qui n’a remporté le trophée qu’une seule fois en 1966, a échoué à atteindre la finale pour la deuxième fois de son histoire. Les Three Lions ont pourtant mené au score avant de se faire rattraper puis dépasser par une équipe argentine portée par un Lionel Messi inspiré.
La presse argentine a salué la performance de Messi, le comparant à Diego Maradona, tandis que les médias britanniques ont souligné l’amertume d’une nouvelle désillusion. Le sélectionneur anglais, Thomas Tuchel, a reconnu la supériorité argentine dans les moments clés, mais a refusé de commenter la banderole, estimant que cela relevait d’un débat politique hors du terrain.
La banderole a également été relayée par des comptes officiels argentins sur les réseaux sociaux, notamment par des responsables politiques. Le président argentin, Javier Milei, a partagé une photo de la banderole avec un message de soutien, réaffirmant la position de son gouvernement sur la souveraineté des Malouines. Cette prise de position a été critiquée par le gouvernement britannique, qui a rappelé que les îles sont un territoire britannique d’outre-mer et que leur statut n’est pas négociable sans l’accord de leurs habitants.
L’incident intervient dans un contexte diplomatique déjà tendu entre les deux pays. Depuis l’élection de Milei, les relations se sont dégradées, notamment en raison de ses déclarations sur les Malouines et de sa volonté de renégocier des accords commerciaux. Le Royaume-Uni, de son côté, maintient une présence militaire sur les îles et rejette toute discussion sur un changement de souveraineté.
Sur le plan sportif, l’Argentine se prépare désormais pour la finale, où elle affrontera l’Espagne. Les joueurs ont exprimé leur détermination à remporter le trophée, mais la polémique autour de la banderole risque de suivre l’équipe jusqu’au match décisif. La FIFA n’a pas encore réagi officiellement, mais des sources internes indiquent que l’instance pourrait ouvrir une enquête pour violation des règles sur les messages politiques dans les stades.
Les supporters argentins, eux, continuent de célébrer la victoire et la banderole, considérée comme un symbole de fierté nationale. Dans les rues de Buenos Aires, des milliers de personnes ont scandé des chants en faveur des Malouines, mêlant joie sportive et revendication patriotique. De l’autre côté de l’Atlantique, à Londres, des fans anglais ont exprimé leur frustration, certains estimant que le geste des joueurs argentins était déplacé.
Cette affaire rappelle que le sport, et en particulier le football, reste un miroir des tensions politiques et historiques entre nations. Alors que la Coupe du monde touche à sa fin, la banderole des Malouines pourrait bien laisser une trace durable, au-delà du simple résultat sportif.