Un ordinateur DIY caché dans une marionnette orange
Une créatrice a intégré un ordinateur monocarte fonctionnel dans une tête de marionnette en fourrure orange, avec écran tactile, clavier Bluetooth et webcam, transformant un objet ludique en outil réel pour la pratique du théâtre de marionnettes.
Et si un ordinateur pouvait se cacher dans une marionnette ? C’est le pari réussi de Natasha Dzurny, qui a conçu un « cyberdeck » pour le moins inattendu : une tête de marionnette orange et poilue, dotée d’une bouche qui s’ouvre réellement, abritant un ordinateur monocarte entièrement fonctionnel. Loin des boîtiers métalliques et des câbles apparents qui caractérisent habituellement ce type de projet, cette création assume une apparence ludique, presque enfantine, sans rien sacrifier à la technique.
Au cœur de l’ensemble, un ordinateur monocarte fait tourner la partie Linux de sa puce, plutôt que de s’appuyer sur le microcontrôleur embarqué que certains constructeurs utilisent pour piloter des servomoteurs. Ce choix a permis de simplifier la mécanique. Un écran HDMI de 5 pouces assure l’affichage, complété par un clavier Bluetooth compact avec pavé tactile pour la saisie. Une batterie USB externe alimente l’ensemble, évitant d’avoir à chercher une prise en pleine représentation.
La véritable innovation réside dans la webcam intégrée à la marionnette. Elle permet à sa créatrice de se filmer en train de manipuler la marionnette, depuis l’intérieur de la tête. Un détail qui transforme l’objet de curiosité en outil genuinely utile pour les marionnettistes : revoir sa propre performance devient bien plus simple lorsque la caméra fait partie intégrante de la marionnette qui joue. Cette fonctionnalité, absente de la plupart des marionnettes, ouvre des perspectives concrètes pour l’apprentissage et le perfectionnement.
Loger tout ce matériel dans un crâne arrondi a exigé une véritable planification spatiale. La tête a d’abord été moulée sous forme sphérique, puis coupée en deux moitiés pour permettre à la bouche de s’ouvrir et de se fermer pendant le spectacle. À l’intérieur de cette sphère, un cadre rigide maintient l’électronique en place et donne à la fourrure extérieure un support solide. Mais il fallait aussi y glisser une main humaine : la manipulation exige en effet que les doigts puissent actionner la bouche, tandis que la carte, l’écran, le câblage et la batterie se disputent le même volume intérieur. Une plateforme de montage située au-dessus de la cavité réservée à la main a résolu ce conflit, offrant à l’électronique une étagère dédiée plutôt que de la laisser flotter au gré des mouvements du marionnettiste.
Certains choix techniques révèlent le sérieux de la conception. La carte repose sur une plaque de mousse plutôt que d’être collée directement au cadre, ce qui éloigne l’adhésif des composants sensibles et aide à dissiper la chaleur qui s’accumulerait dans un espace clos et couvert de fourrure. Une prise jack stéréo modifiée dispose même de sa propre poche renforcée près de la bouche, permettant de brancher un casque sans déformer le visage de la marionnette. Rien de cette ingénierie cachée ne transparaît une fois la fourrure et les grands yeux cartoonesques installés.
Ce qui reste est une marionnette à l’air inoffensif, assez amicale pour être confiée à un enfant, jusqu’à ce que l’on découvre qu’elle diffuse aussi de la vidéo, lit des médias et se porte même en bandoulière comme un sac. Cette superposition de fonctions dans une forme que personne ne soupçonnerait est précisément ce qui rend ce projet mémorable. À l’heure où les objets connectés cherchent souvent à ressembler à ce qu’ils sont, cette création rappelle qu’un ordinateur peut aussi se cacher dans un sourire de fourrure.



