VAIO relance son écran pivotant Multi-Flip avec le VAIO T, à partir de 2 400 dollars
VAIO ressuscite son mécanisme Multi-Flip avec le VAIO T, un convertible 13,3 pouces dont l'écran pivote à 180 degrés pour escamoter le clavier. Réservé au Japon, il démarre à 374 000 yens, soit environ 2 400 dollars.
VAIO fait revivre un mécanisme abandonné depuis dix ans. Le fabricant japonais présente le VAIO T, un ordinateur portable convertible de 13,3 pouces dont l'écran pivote à 180 degrés sur un axe central, permettant au clavier de se replier à l'intérieur du châssis plutôt que de rester exposé. Une réponse directe à l'un des défauts les plus souvent reprochés aux convertibles classiques, dont le clavier demeure actif sous les paumes lorsque l'appareil est utilisé en mode tablette.
Baptisé Multi-Flip Mechanism, ce système n'avait plus été produit par VAIO depuis le Z Flip en 2016. Sony avait lancé l'idée dès 2013 sur le VAIO Fit 13A, avant de perdre la bataille du format face à la charnière à 360 degrés de Lenovo, moins chère et plus simple, aujourd'hui reprise par la quasi-totalité des convertibles du marché. Le VAIO T constitue par ailleurs le premier produit co-développé depuis le rachat de VAIO par Nojima en janvier 2025, et la première entrée de la gamme VAIO Next.
Le mécanisme repose sur deux charnières en feuilles d'uréthane, entre lesquelles est pris en sandwich le câble d'affichage, l'ensemble étant verrouillé par un système de rétention magnétique inédit chez VAIO. Selon le constructeur, c'est précisément cette partie qui a posé le plus de difficultés : un câble souple traversant une articulation rotative finit par céder d'une manière qu'un câble fixe ne connaît jamais. Des prototypes ont été pliés à la main plus de 20 000 fois avant validation. La rétention magnétique, nouvelle sur cette génération, doit empêcher l'assemblage de se relâcher entre deux positions.
Trois usages sont prévus. En repliant la partie supérieure de l'écran vers soi depuis une position ouverte classique, on obtient un mode présentation, écran tourné vers l'extérieur, clavier inactif en dessous. En poursuivant le pliage, le capot se referme à plat avec l'écran sur le dessus : c'est le mode tablette, sans rangée de touches sous la paume. VAIO ressort également son argile chromatique favorite, le Kachi-iro, un indigo presque noir obtenu en battant du tissu teint, porté par les samouraïs pour la consonance de son nom avec le mot japonais signifiant victoire. Le T est proposé en noir et rouge standard, la Kachi-iro Special Edition étant réservée au VAIO Store et associée à la puce la plus rapide.
La fiche technique reste solide sans être spectaculaire. L'écran tactile de 13,3 pouces affiche une définition de 2560 par 1600 au format 16:10, avec un verre brillant signé VAIO. Un choix discutable pour une machine conçue pour montrer son écran à quelqu'un en face de soi, puisque c'est exactement le moment où les reflets apparaissent. La mémoire grimpe jusqu'à 64 Go sur la configuration Core Ultra 7, le stockage atteint 2 To en SSD PCIe 5.0, et une batterie optionnelle revendique environ 18 heures de lecture vidéo selon le standard japonais JEITA 3.0. Trois processeurs Intel sont proposés : Core Ultra 5 325 à huit cœurs, Core Ultra 7 356H à seize cœurs, et Core Ultra X7 358H avec GPU intégré renforcé pour l'édition spéciale.
Le prix, lui, ne fait pas de concession. La configuration de base démarre à 374 000 yens, soit environ 2 400 dollars, pour un Core Ultra 5 avec 16 Go de mémoire et 512 Go de stockage. Le stockage supplémentaire, la batterie de plus grande capacité et le clavier anglais sont facturés en options. VAIO n'a annoncé aucun projet de commercialisation du T hors du Japon, ce qui en fait un ordinateur que la plupart des acheteurs ne pourront admirer que dans une fenêtre de navigateur.
L'intérêt de cette sortie dépasse pourtant la fiche technique. Une entreprise qui vit de la vente d'ordinateurs a fouillé son propre catalogue, retrouvé un mécanisme que tout le monde avait abandonné dix ans plus tôt, et jugé que la solution écartée était en réalité la bonne. La charnière de Lenovo a gagné le marché ; celle de VAIO avance que gagner le marché et résoudre le problème n'ont jamais été tout à fait le même combat.



