À quelques heures de la finale de la Coupe du monde 2026 entre l'Argentine et l'Espagne, un nom fait trembler les supporters de l'Albiceleste : celui du rappeur canadien Drake. Le célèbre artiste a placé un pari de 1,5 million de dollars (environ 1,37 million d'euros) sur une victoire de l'équipe argentine, dimanche 19 juillet, dans le New Jersey. Si ce geste pourrait sembler anodin, il est perçu par de nombreux fans comme un mauvais présage, en raison de la réputation de « malédiction » qui colle au rappeur chaque fois qu'il mise sur une équipe sportive.
Drake, connu pour ses paris spectaculaires, a déjà vu plusieurs de ses favoris s'incliner après qu'il a placé de grosses sommes sur eux. En 2022, lors de la Coupe du monde au Qatar, il avait misé sur le Brésil, qui avait été éliminé en quarts de finale. Plus récemment, lors de la finale de la Copa América 2024, il avait parié sur l'Argentine, qui avait perdu contre la Colombie. Ces précédents alimentent la crainte que son soutien financier ne porte malchance à Lionel Messi et ses coéquipiers, alors que le pays espère un troisième titre mondial après 1978, 1986 et 2022.
La finale de dimanche s'annonce particulièrement tendue, non seulement en raison de l'enjeu sportif, mais aussi à cause du contexte politique et diplomatique. La Fifa aurait autorisé les joueurs argentins à déployer une banderole revendiquant les îles Malouines (Falkland) en cas de victoire, selon des informations de Sky Sport. Cette décision intervient après que l'équipe argentine a brandi une banderole similaire lors de sa demi-finale contre l'Angleterre, sans être sanctionnée. Le geste, qui ravive le conflit de 1982 entre les deux pays, a suscité des réactions contrastées, certains y voyant une provocation inutile.
De l'autre côté, l'Espagne doit composer avec des tensions internes. L'attaquant Borja Iglesias a confié à un magazine espagnol qu'il serrera la main du président américain Donald Trump lors de la cérémonie de remise des prix, malgré son engagement contre le racisme et l'homophobie. « Je n'ai pas envie d'aller en prison », a-t-il déclaré, expliquant qu'il se résignait à ce geste protocolaire. Trump, qui sera présent dans le stade du New Jersey, a été critiqué pour ses positions sur l'immigration et les droits des minorités, ce qui ajoute une couche de controverse à l'événement.
Les préparatifs de la finale ont également été perturbés par des conditions météorologiques difficiles. Les deux équipes ont vu leurs derniers entraînements perturbés par des orages violents qui ont frappé la région du New Jersey, jeudi et vendredi. Les joueurs argentins et espagnols ont dû s'adapter à des terrains glissants et à des rafales de vent, ce qui pourrait influencer le déroulement du match. Les prévisions pour dimanche soir restent incertaines, avec un risque d'averses persistantes.
Au-delà du terrain, l'Argentine cristallise les tensions depuis le début du tournoi. Des actions et propos racistes de certains supporters, les liens politiques de l'équipe avec Donald Trump — qui a affiché son soutien à l'Albiceleste — et un arbitrage jugé favorable par certains observateurs ont alimenté un sentiment de rejet envers la sélection sud-américaine. Le journaliste Nicolas Kssis-Martov, interrogé par France Info, estime que « l'Argentine est devenue l'équipe que tout le monde déteste » en raison de ces multiples facteurs. Cette animosité pourrait se manifester dans les tribunes du MetLife Stadium, où les supporters espagnols espèrent faire pencher la balance.
Le match, prévu à 21 heures (heure locale), sera diffusé dans le monde entier et devrait attirer des centaines de millions de téléspectateurs. L'Espagne, championne du monde en 2010, cherche à renouer avec la gloire après une décennie de résultats irréguliers. L'Argentine, de son côté, veut confirmer son statut de favorite après avoir remporté la Coupe du monde 2022 et la Copa América 2024. Mais le pari de Drake, combiné aux controverses politiques et aux caprices de la météo, ajoute une dose d'incertitude à un affrontement déjà très attendu.



