Le président français Emmanuel Macron a effectué une visite surprise à Damas ce mardi, où il a affiché son soutien au président syrien Ahmed al-Charaa pour stabiliser le pays, au lendemain de deux attentats qui ont secoué la capitale syrienne. Lors d'une conférence de presse conjointe, M. Macron a affirmé que ces attaques ne devaient pas « déstabiliser » la Syrie, alors que le pays tente de se relever de treize années de guerre civile.
Cette visite, la première d'un chef d'État de l'Union européenne depuis la chute de Bachar al-Assad, intervient dans un contexte de recomposition politique au Moyen-Orient. M. Macron était accompagné d'une importante délégation de chefs d'entreprises françaises, dont plusieurs PDG de multinationales, venus explorer les opportunités liées à la reconstruction du pays. Selon la Banque mondiale, les besoins de reconstruction sont estimés à 216 milliards de dollars, notamment pour les logements, les infrastructures et les bâtiments publics.
Le président syrien par intérim, Ahmed al-Charaa, ancien chef djihadiste, a déclaré qu'il entendait faire de la France « le premier partenaire commercial » de la Syrie. Ce rapprochement économique fait suite à une série de gestes diplomatiques, notamment la réception d'al-Charaa à l'Élysée en mai 2025. M. Macron a souligné que la France souhaitait jouer un rôle clé dans la stabilisation et la reconstruction de la Syrie, tout en insistant sur la nécessité de garantir la sécurité et les droits des minorités.
Les deux attentats de Damas, qui ont visé des quartiers civils, ont fait plusieurs victimes, mais les autorités syriennes n'ont pas encore communiqué de bilan officiel. M. Macron a condamné ces actes avec fermeté, appelant à une réponse collective pour empêcher toute tentative de déstabilisation. Il a également réaffirmé l'engagement de la France dans la lutte contre le terrorisme, un dossier sensible alors que le nouveau régime syrien cherche à consolider son autorité.
Au-delà des enjeux sécuritaires, la visite de M. Macron s'inscrit dans une stratégie plus large de la France pour renforcer son influence au Moyen-Orient. Avant son déplacement en Turquie pour le sommet de l'OTAN, le président français a voulu montrer que Paris reste un acteur incontournable dans la région. Les entreprises françaises, notamment dans les secteurs de l'énergie, des transports et de la construction, espèrent décrocher des contrats lucratifs dans le cadre de la reconstruction syrienne.
Cette visite a suscité des réactions contrastées. Certains analystes y voient un pari risqué, compte tenu du passé controversé d'Ahmed al-Charaa, tandis que d'autres saluent une initiative pragmatique pour favoriser la stabilité. M. Macron a défendu sa démarche en affirmant que la France ne peut pas rester en marge des transformations en cours en Syrie, et que le dialogue avec toutes les parties est essentiel pour construire une paix durable.
La délégation française doit poursuivre ses discussions avec les autorités syriennes dans les prochains jours, avec pour objectif de poser les bases d'une coopération économique et politique à long terme. M. Macron a également promis un soutien humanitaire accru pour les populations syriennes, tout en conditionnant une aide plus large à des progrès concrets en matière de droits de l'homme et de gouvernance.