À la veille du défilé du 14-Juillet, la « Coalition des pays volontaires » pour l’Ukraine s’est réunie lundi à Paris en présence du président ukrainien Volodymyr Zelensky. Lors de ce sommet, neuf nations européennes — le Danemark, la France, l’Allemagne, l’Italie, la Norvège, l’Espagne, la Suède, les Pays-Bas et le Royaume-Uni — ont annoncé la création d’une nouvelle alliance visant à développer ensemble des « capacités antibalistiques ». Ce projet, auquel l’Ukraine est également associée, a pour double objectif d’aider Kiev à se défendre contre les frappes massives de missiles russes et de renforcer la sécurité de l’ensemble du continent européen.
Volodymyr Zelensky a salué cette initiative sur le réseau social X, écrivant : « Créer un bouclier puissant sur l’Europe tout entière est une manière de compléter notre défense ». Il a souligné que cette coalition permettrait d’atteindre cet objectif « plus rapidement et à moindre coût ». Dans une déclaration commune, les dirigeants des neuf pays ont insisté sur le caractère défensif de leur démarche : « Cette action n’est orientée contre aucun peuple, mais en défense du nôtre ». Cette annonce intervient alors que la guerre en Ukraine entre dans son 1 600e jour, marquée par des échanges de tirs quotidiens et des pertes civiles des deux côtés.
Le Kremlin n’a pas tardé à réagir. Dmitri Peskov, le porte-parole de la présidence russe, a qualifié la Coalition des pays volontaires de « coalition d’illuminés et de va-t-en-guerre ». Il a ajouté que ses membres « se bercent d’une profonde illusion quant à la possibilité d’infliger une défaite stratégique à notre pays ». Cette déclaration, empreinte d’ironie, reflète la position constante de Moscou qui rejette toute initiative occidentale visant à soutenir militairement l’Ukraine. La Russie considère ces alliances comme une ingérence dans ce qu’elle appelle son « opération militaire spéciale ».
Sur le terrain, les combats se poursuivent sans relâche. Les autorités ukrainiennes et russes ont fait état lundi de dix morts lors d’attaques croisées de drones et d’artillerie. En Russie, quatre personnes ont été tuées, notamment dans la région de Moscou. En Ukraine, six personnes ont perdu la vie, dont trois membres d’équipage d’un navire cargo. Ces chiffres illustrent la violence persistante du conflit, qui continue de faire des victimes loin du front, y compris dans les zones urbaines et les infrastructures civiles.
Par ailleurs, l’opposant russe Boris Nadejdine a été arrêté lundi à Moscou. Seul candidat d’opposition encore en liberté à s’être opposé ouvertement à Vladimir Poutine et à la guerre en Ukraine, il avait tenté de se présenter à l’élection présidentielle de 2024 et préparait sa campagne pour les législatives de septembre. La police l’a interpellé et emmené au commissariat, selon un message qu’il a publié sur Telegram. Le procès-verbal le met en cause pour « démonstration de symboles extrémistes » en raison d’une vidéo de 2023 montrant une photo de l’opposant décédé Alexeï Navalny. Vendredi, il avait déjà été classé « agent de l’étranger » par les autorités russes.
Dans une vidéo diffusée sur YouTube, Boris Nadejdine avait critiqué directement Vladimir Poutine, affirmant que « les conséquences de la guerre sont évidentes pour tout le monde ». Il avait notamment cité la « crise du carburant » provoquée par les frappes de drones ukrainiens et l’inflation. Son arrestation intervient dans un contexte de répression accrue contre toute voix dissidente en Russie, où les opposants sont systématiquement réduits au silence par des poursuites judiciaires ou des peines de prison.
Le sommet de Paris et l’annonce du bouclier antimissile européen marquent une nouvelle étape dans la coordination militaire entre les alliés de l’Ukraine. Alors que le conflit s’enlise et que les frappes russes se multiplient, les pays européens cherchent à mutualiser leurs moyens de défense pour faire face à une menace perçue comme existentielle. La réaction du Kremlin, mêlant ironie et défi, montre que Moscou reste déterminé à poursuivre son offensive, tout en minimisant l’impact des initiatives occidentales.