La guerre avec l’Iran est devenue un handicap politique pour Donald Trump. Selon un sondage de l’agence Associated Press (AP), deux Américains sur trois jugent, cinq mois après le début du conflit, que cette guerre n’en valait pas la peine. L’enquête met en évidence une désapprobation majoritaire de la gestion du dossier iranien par le président américain et confirme l’érosion du soutien de l’opinion publique à cette politique étrangère.

Le rejet exprimé par les personnes interrogées ne concerne pas uniquement le déclenchement des hostilités. Il vise aussi la méthode de Donald Trump, perçu comme agissant seul, sans se soucier des équilibres internationaux. Une formule revient pour décrire cette attitude: « Comme s’il voulait diriger le monde à lui tout seul. » Cette critique, reprise dans les commentaires accompagnant le sondage, illustre le fossé qui s’est creusé entre le président et une partie de l’opinion américaine. Elle renvoie au sentiment partagé par de nombreux Américains que la politique iranienne de la Maison-Blanche est menée de façon personnelle, sans véritable débat ni coalition.

Les résultats publiés par l’AP traduisent une lassitude croissante après cinq mois de conflit. La part des Américains qui estiment que cette guerre était justifiée est désormais minoritaire, signe que l’argument de la fermeté ne suffit plus à emporter l’adhésion. Pour la Maison-Blanche, ce constat est lourd de conséquences politiques, alors que le président avait fait de l’Iran l’un des symboles de sa détermination sur la scène internationale.

Pour Donald Trump, ce désaveu a une signification particulière. Depuis le début de son mandat, il a présenté sa gestion des crises internationales comme un motif de fierté nationale. La guerre avec l’Iran devait illustrer cette image. Or, cinq mois après le début des hostilités, c’est l’inverse qui se produit: l’opinion retient l’absence de résultat et le sentiment d’une initiative personnelle, presque solitaire, du président. Ce retournement affaiblit sa position et donne du poids aux critiques qui dénoncent une conduite unilatérale de la politique étrangère américaine.

Dans un climat intérieur déjà marqué par des divisions profondes, le conflit iranien, loin de rassembler les Américains derrière leur président, est devenu un sujet de discorde qui affaiblit l’exécutif. Il s’ajoute aux défis auxquels la Maison-Blanche est confrontée, sans lui apporter le soutien attendu. Pour une partie de l’opinion, la question n’est plus seulement de savoir si la guerre était justifiée, mais comment en sortir sans donner l’impression d’un échec.

Le sondage de l’AP confirme en définitive que la durée et l’issue incertaine de la guerre ont fini par peser sur la popularité du président. Alors que la situation reste tendue au Moyen-Orient, l’administration Trump doit composer avec une opinion publique majoritairement hostile à cette guerre. Ce handicap politique pourrait bien marquer la suite du mandat présidentiel, tant le dossier iranien semble désormais associé, dans l’esprit des Américains, à un échec coûteux.